jeudi 29 octobre 2020

La marche du déclin.

    Depuis le confinement du printemps est apparue une nouvelle espèce de promeneurs, ils sont facilement reconnaissables car c'est une seule tranche d'âge qui est concernée, celle des plus de soixante-dix ans. Il y a un autre moyen de les reconnaître, il s'agit de leurs tenues vestimentaires colorées et moulantes qui permettent de les voir arriver de loin. Ils semblent ne pas s'être remis des marches forcées que leur imposait l'heure impartie pendant l'emprisonnement sanitaire. Ils restent sur le même rythme quand bien même ils disposent de la journée.                                                                                                            

   Ils n'arrivent plus à ralentir, le rythme est pris, c'est décidé ils vont devenir de grands sportifs. D'ailleurs ils ont déjà adopté les tenues sportives et certains déambulent avec le casque sur les oreilles, là je ne suis pas certain qu'ils écoutent de la musique. Il semble que ce soit surtout un moyen de n'avoir pas à parler car, essoufflés comme ils le sont, il ne peuvent émettre que des ahanements de cheval cacochyme. Mais ils continuent de courir ou, pour le moins, de marcher vite surtout s'il y a du monde pour les regarder, dès qu'ils se croient seuls le rythme retombe, ils ne semblent motivés que par le regard des autres.

   Alors, bien sûr, j'entends déjà les esprits chagrins récriminer, le sport est bon pour la santé et c'est bien de s'entretenir, certes mais il faut savoir raison garder. Mais là, il est question de la façon de pratiquer, aucun encadrement, pas d'accompagnement, ils ne sont renseignés que par les applications de leurs téléphones. Ils adoptent des tenues si moulantes que même de jeunes sportifs n'oseraient porter, en fait ils sont en pleine crise de retour d'âge, ils ne veulent pas s'entretenir, ils veulent rajeunir, femmes et hommes compris, l'égalité enfin obtenue !!!

   Elles et ils n'hésitent pas à mater, voire à allumer, tout ce qui a moins de cinquante ans, moulés qu'ils sont dans ces tenues trop étroites qui laissent apercevoir jusqu'à ce qui ne se montre pas. Ils n'ont plus même le respect d'eux-même, moins encore des autres, ils ont l'air de se croire immortels comme tout ceux de cette génération de baby-boomer. ils ont pourri la planète, ont imposé leurs points de vue et ils prétendent continuer de nous emmerder le plus longtemps possible.

   Alors faites comme moi, n'hésitez pas à provoquer de cette abominable représentation de l'être humain, aussi nuisible à la nature qu'à l'humanité. Ne leur tendez surtout pas la main, tendez le pied pour les faire trébucher, dans l'état de décrépitude avancée où ils se trouvent cela devrait suffire à nous en débarrasser avant qu'ils ne nuisent à leurs petits enfants, déjà qu'ils n'ont pas hésité à sacrifier leurs propres enfants !

  

lundi 21 septembre 2020

A un détail près.

   Il est surprenant de constater à quel point un simple détail peut tout changer dans l'art qu'a développé la vie de s'adapter aux conditions imposées. Il est vrai qu'il suffit de ce petit rien pour changer beaucoup de choses. Ainsi le naïf que je suis se réjouissait déjà de voir de plus en plus de peuples réclamer leurs simples droits à des pouvoirs devenus aveugles à autre chose que l'enrichissement d'une minorité. Même les pseudo-démocraties, telle la notre, devaient faire face à ces mouvements inattendus de révoltés contre l'inhumanité des décisions gouvernementales. J'entends par là le peu d'attention que prêtent les décideurs aux risques d'atteinte à la condition humaine lorsqu'ils ont besoin de donner un coup de pouce à leur système déclinant. Ils s'accrochent à une bouée percée et pensent pouvoir s'en sortir en la regonflant de temps en temps, c'est qu'ils ne manquent pas d'air les bougres !!!
   Le système économique actuel semblait donc en danger, entre l'écologie et les révoltes de plus en plus nombreuses, mais voilà que surgit un simple virus comme nous en avons tant connu, auxquels l'humanité a survécu quoiqu'il arrive, même la peste noire n'a pas eu raison de nous. Ce virus n'aurait pas fait plus de dégâts si nos autorités l'avaient laissé suivre son cours habituel, à n'en pas douter, tuant son lot de personnes qui n'avaient plus de résistance à offrir puisque déjà malades ou en fin de vie. Ce n'est donc qu'un petit détail à l'échelle du monde vivant, un détail qui tue certes, mais que des humains et en petit nombre de surcroît. Pourquoi nos autorités auraient-elles décrété l'urgence absolue et totale pour nous en protéger puisqu'elles ne s'inquiètent pas même de voir mourir de faim certains de leurs concitoyens ? 
   C'est leur dernière façon de regonfler leur bouée sans doute, ils ont décidé de réutiliser la peur comme moyen de maintenir leur dictature en place, la dictature de l'enrichissement avant tout. Tous les régimes dictatoriaux se sont servis de cette arme pour tenter de se maintenir en place, jamais aucun pourtant n'a duré beaucoup plus longtemps que les autres. Heureusement que ceux qui pensent diriger notre planète sont de plus en plus idiots, c'est dû sans doute à la consanguinité à force de ne plus vouloir se mélanger avec le peuple, et ils sont si tournés vers l'avenir qu'ils en oublient les leçons du passé, plus dure sera la chute !!! 
   Tout ceci devrait réjouir le révolté que je suis, la révolution se fera quoiqu'il arrive, qu'elle soit de source humaine ou imposée par mère nature elle aura bien lieu, c'est aujourd'hui une certitude même pour ces immondes décideurs. Il leur reste pourtant un moyen ultime de continuer de vivre comme s'ils étaient seuls au monde, le déclenchement d'une guerre par exemple ou encore l'utilisation "ciblée" de virus, faisant alors des millions de morts, voire même des milliards, nous n'en sommes plus à un détail près, n'est-ce pas ?
   
   
   

vendredi 31 juillet 2020

L'ombre a besoin de lumière pour exister.

   Il est des moments de la vie qui apportent la lumière, elle resplendit d'autant plus quand on sort d'un tunnel. Le plus surprenant dans ces périodes de renouveau est qu'elles sont toujours inattendues, pour ne pas dire inespérées puisqu'elles effacent le désespoir. Tout à coup, sans coup férir cependant, une lueur fugace apparaît, puis son intensité augmente jusqu'à éclairer les recoins les plus sombres de l'âme, jusqu'à ce que le regard lui-même s'éclaire, jusqu'à redonner l'envie d'avoir à nouveau envie et de se prouver que l'on est encore en vie.
   C'est à se demander si ce n'est pas un clin d'oeil du destin, nous laisser sombrer pour mieux nous ramener à la vie, pour réapprendre à apprécier les moments de bonheur passés inaperçus aux yeux de ceux qui les vivent, au moment où ils les vivent. Comme s'il fallait irrémédiablement tomber pour savoir se relever, s'effondrer pour savoir se reconstruire. Alors seulement, chaque instant fait surgir un bonheur et une joie retrouvés, en appréciant chaque détail fut-il fugace.
   Nous pouvons alors entreprendre la reconstruction de ce que l'on a soit même détruit, pierre par pierre mais sans y mettre le moindre ciment, afin de mieux se rappeler que l'éternité ne nous appartient pas. La simple locution "toujours" devient désuète, un "pour la vie" ne paraît qu'une vaine promesse. La joie ne peut-être que fugace pour être réelle, les larmes qu'elle engendre sont aussi celles de la tristesse, moins amères sans doute mais aussi pleines du sel de la vie, puisque quelle que soit leur forme elles sont la vie. Pour en avoir pleinement conscience la lumière doit se faire afin de mieux faire briller ces larmes, alors elles se transforment en espoir face à cette vie si capricieuse qu'elle en devient parfois brouillonne.
   Souvent c'est la magie de l'amitié qui en est l'interrupteur, plus encore que la famille car c'est la gratuité du geste qui le rend si lumineux. C'est dans le regard des autres que l'on voit le mieux ses propres reflets, illuminés qu'ils sont par l'attention des amis. Là réside la vraie lumière, celle de l'amitié qui est contrainte à plus de concessions que celle de la famille afin de rester vraie et sincère. Certes les retrouvailles sont moins fréquentes mais elles en sont d'autant plus intenses et passionnées, ce sont ces moments qui rappellent au distrait que la vie est belle, quel que soit le sens qu'elle prenne.
   On sort toujours grandi des rencontres entre amis, des "tu n'as pas changé" aux "tu as pris un coup de vieux, dis donc" ce ne sont qu'échanges pleins de sincérité et d'amour. Car telle est la finalité des amitiés, apprendre à dire je t'aime pour mieux apprendre, ou réapprendre, à dire je m'aime. Alors l'ombre s'efface devant le soleil et nous pouvons sans crainte atteindre le zénith.
                    A mes amies et amis, toutes et tous.

mercredi 8 juillet 2020

Jésus crie.

   Être athée n'empêche pas la réflexion religieuse, au contraire, se libérer des contraintes d'une religion imposée permet d'élargir le champ des possibles. Cela permet de voir tous ces pseudo-prophètes d'un hypothétique dieu pour ce qu'ils sont, de minables profiteurs qui ont permis l'asservissement des peuples.
   Il n'en est qu'un seul qui ne s'est pas comporté ainsi, qui voulait créer un monde d'amour et de respect,  hors des contraintes imposées par un potentiel créateur dictatorial de notre si belle planète, je veux parler de Jésus. Sans doute le premier véritable hippie, le premier révolté contre l'ordre établi par les schizophrènes inhumains ayant créé des règles que personne ne peut respecter, pas même la nature.
   Jésus s'est élevé contre ces lois, contre les dictateurs, pour la liberté et le respect de l'être humain, il est le premier écologiste, le premier révolutionnaire. Mais il est surtout la première victime de ces lois qui ont créé le monde d'aujourd'hui, où l'inégalité est l'absolue nécessité d'un équilibre précaire, où une minorité décide pour, et contre, la majorité. En fait de fils de dieu, il serait plutôt l'aïeul de Yasser Arafat, un homme simple et juste qui s'élève contre les abus de pouvoir d'une caste hébraïque qui voulait imposer son âpreté au gain et à l'exploitation de l'homme par l'homme.
   Il semble qu'il ait su dès le début que son combat serait vain puisqu'il a refusé de rester dans une tombe où il n'aurait cessé de se retourner. Aucun de ses préceptes n'a été respecté, à aucun moment les décideurs n'ont voulu accorder la moindre valeur à ses idées, pire encore, ils ont osé utiliser son nom pour mieux pressurer les peuples. Comment peut on croire que ses messages n'aient été écrits par ses disciples qu'un siècle après sa disparition sans qu'ils aient été déformés, voire dévoyés, par des "illuminés", tel ce fameux Paul, Saül en réalité, qui prétendit créer une église qui aujourd'hui encore nous met sous son joug, même contre notre volonté.
   Les chrétiens ont été les premiers à prendre la mesure du pouvoir que pouvait leur conférer le pseudo-rattachement à des messages d'amour, n'hésitant pas à faire usage de la force et de la torture pour convaincre les peuples de s'aimer ! Les musulmans, manipulés par Mahomet, ont repris allègrement le flambeau, en le mâtinant des idées lubriques d'un homme avide de domination et de règne sans partage, poussant ses adeptes dans des guerres sans fin, même entre frères.
   Dans tout les cas de figure, le véritable message de Jésus n'a été utilisé que pour nuire à l'espèce humaine et, par voie de conséquence, à la nature dans son ensemble, la domination de l'homme sur la nature sauvage a été ordonné par des brutes sanguinaires dont l'aboutissement est la domination de l'homme par l'homme.
   Alors oui, Jésus crie et fait entendre sa vraie voix par la nature qui se rebelle contre ces humains inhumains. Cela s'appelle l'écologie, la vraie, la seule, celle qui permettra à Mère nature de se débarrasser de l'humanité avant que tout ne soit détruit, avant que la planète n'implose, il y eut les dinosaures, bientôt nous pourrons dire qu'il y eût l'humain, à ce moment là, Jésus, enfin, pourra cesser de crier puisqu'il n'y aura plus personne pour l'entendre. 
   Il convient donc de se débarrasser des religions pour sauver ce qui peut encore être sauvé, la véritable humanité.
   

lundi 1 juin 2020

Inconstance n'est pas inconcistance.

   Un simple jeu de mots pour titre, c'est pourtant une belle histoire que je veux conter ici, un de ces hasards dont la vie seule sait le pourquoi mais peut-on parler de hasard quand l'inconstance vous revient en mémoire. C'est une boîte de Pandore qui s'est ouverte hier soir par une rencontre inattendue, mais qui arrive au bon moment de cette étrange histoire qu'est ma vie. Mon départ de ce monde qui n'est plus le mien semblait prendre un mauvais départ et voilà qu'une anecdote me rappelle que je n'y ai plus ma place. Ma place est, définitivement, partout mais ailleurs le doute ne m'est plus permit, il faut que je parte, laissant derrière moi un passé qui n'est plus qu'un souvenir.
   C'est justement un souvenir qui me pousse à nouveau vers la découverte du voyage sans but qui m'attend, qui m'appelle de plus en plus fort. Hier soir sont arrivés trois jeunes marcheurs, dont l'un est d'origine Sénégalaise, il vient des îles du Siné Saloum, ce lieu où les bras de mer séparent les villages tout en resserrant les liens entre les habitants du lieu. Mon service militaire m'avait amené vers cet endroit par un drôle de hasard, encore un, c'était un cadeau offert par la marine nationale pour me récompenser de mes grandes qualités de militaire, ne riez pas, c'est une histoire vraie !
   Me voici donc embarqué avec de vrais militaires pour acheminer des canalisations nécessaires à la mise en place de puits d'eau douce, en cet endroit où l'eau retrouve sa vraie valeur de source de vie. Nous sommes traités comme des personnes de grande valeur, accueillis comme des princes par une fête dont seuls les Africains ont le secret, la joie y est patente et communicative. Hébergés par les habitants du lieu, nous avons pris notre petit déjeuner sous les yeux de la famille, toute la famille, jusqu'à ce que la lumière se fasse, ce n'était pas "notre" petit déjeuner mais bel et bien le leur que nous mangions sous leurs regards emprunts d'amour et de respect. Le pire étant qu'il faut tout manger sous peine d'être offensant, j'étais avec l'infirmier du bord, devant lui servir d'aide pour les soins gratuits qu'il venait apporter aux autochtones qui me l'avait expliqué.
   Après ce moment mémorable, malgré la gêne ressentie, nous nous mîmes donc à l'ouvrage et il y avait de quoi faire vu qu'il n'y avait pas même un simple dispensaire. Nous étions devenus les "monsieur docteurs", mais je n'avais pas encore compris qu'au delà du titre c'était une marque d'immense respect qu'ils avaient pour notre rôle. Être considéré comme un bienfaiteur de l'humanité à vingt ans est un moment inoubliable, je l'avais pourtant relégué au fin fond de ma mémoire comme un vieux souvenir empoussiéré, la vie a su le ramener sur le devant de ma scène, plus de trente ans après !!!
   Il aura suffi de la rencontre avec ce jeune sénégalais, trop jeune pour m'avoir connu au moment des faits. C'est au cours d'une simple conversation où je me rappelais les lieux grâce à lui qu'a surgi cette magie si propre à l'Afrique. Lorsque je fis mention des faits précités, son regard s'éclaira et il m'appela Benny, le nom dont m'avait affublé mes amis marins parce que je ressemblais à Benny Hill avec le bonnet de marin. Imaginez ma surprise d'apprendre que mon nom était encore cité dans ces anecdotes dont les vieux Africains ont le secret, le regard emprunt de magie du jeune homme rajoutait à mon ébahissement.
   Je suis devenu le héros d'un conte africain, en compagnie de mon "monsieur docteur" nous hantons encore les soirées du lieu, ce n'est plus de la simple magie mais bel et bien une légende ! Le jeune homme originaire de ces îles isolées entrepris alors de raconter l'anecdote à ses deux amis présents, me faisant passer à leurs yeux pour un sauveur de vies, apportant soins et sourires en même temps puisque mes farces servaient d'anesthésiant pour ces enfants blessés que nous devions soigner à vif. Je me suis redécouvert en leur compagnie, je ne connaissais plus cette facette de ma personnalité, l'ayant mise sous l'éteignoir de ma vie, elle est pourtant bien réelle et ne m'a, peut-être, jamais quitté mais je me la refusais. 
   Voilà, je ne veux pas m'étendre plus sur cette anecdote, elle n'appartient qu'à moi, mais il me faut y voir un clin d'œil du destin, je sais maintenant pourquoi je dois aller finir mes jours sur ce continent, c'est là qu'est ma vraie vie, c'est là que je suis le vrai Alain, même déguisé sous le sobriquet de Benny.
Alors je vais partir là-bas et je laisserai le destin seul décider de mon cheminement, aidé qu'il sera par cette magie africaine qui semble m'y protéger de tout ennui et, surtout, de ce moi qui n'est pas Moi.