samedi 30 septembre 2017

Inclassable incassable.

   Pour une fois que je peux le dire avec une totale sincérité:"pourvu que je réussisse mes examens"! Vous imaginez l'état d'esprit face à une spécialiste qui me dit m'avoir déjà fait passer deux éléctro-encéphalogrammes dont je n'ai aucun souvenir!
   Cette charmante dame m'apprends alors que nous nous sommes rencontrés et me donne des détails de ma vie qui ne peuvent provenir que de moi. C'est le trou noir, comme je le lui fais remarquer, heureusement qu'un autre rendez-vous était programmé sinon je l'aurais oubliée! J'assiste alors pour la première fois à l'exercice, je sais maintenant d'où provenait tout ce gel que j'avais dans les cheveux, on comprend pourquoi elle n'a pas choisi coiffure la dame.
   Bon, première partie accomplie, les données semblent  plutôt optimistes, je ne sais pas pourquoi mais cela ne me surprend guère. C'est de mon cerveau qu'il s'agit après tout, je lui ai aussi dit de ne pas s'inquiéter s'il y avait des petites explosions de temps en temps, il vaut mieux prévenir que guérir. Nous sommes à l'hôpital, mais tout de même!
   Je n'ai plus qu'à rencontrer la neurologue, par une inexplicable raison ce nom me fait peur, quelqu'un qui en veut à mes neurones ne peut que difficilement inspirer confiance. C'est alors qu'apparaît une femme en blouse blanche, qui m'invite à la suivre. Elle a indéniablement une allure infantile, je ne saurai le dire autrement, des petites broches brillantes dans les cheveux, pleins de gri-gris aux poignets. Elle marche en se tortillant comme savent si bien le faire les petites filles, elle m'invite à entrer dans un bureau et m'y suit.
   Là, c'est le choc, les rideaux roses, la souris d'ordinateur imitation diamant, les posters Walt Disney, la madame s'assoit derrière le bureau, je ne puis qu'articuler:"bonjour, docteur"!
   Ma peur se transforme en frayeur!
   Le choc initial passé, une autre surprise m'attendait, il paraît que c'est notre quatrième rencontre. Bon, elle a l'air convaincue de détenir la vérité, je ne puis la contredire, mais j'ai de vrais doutes qui m'assaillent. Même complètement déconnecté je devrais me souvenir d'une telle vision, mais rien, ce n'est pas vraiment rassurant, n'est-ce pas?
   Alors, je le lui dit, j'essaie de faire preuve de tact mais vous connaissez ma délicatesse naturelle, elle  me perce vite à jour. Heureusement qu'elle me connaît déjà, elle se souvient de nos rencontres, elle, et ça s'était bien passé. Elle en profite pour me rassurer sur ces pertes de mémoire, les épisodes réapparaîtront peut-être un jour, peut-être pas, elle doit être Normande!
   J'ai parlé plusieurs fois des nouvelles qualités des médecins, de cette façon honnête et claire de s'exprimer, de nous faire comprendre parfaitement notre problème. Je sais maintenant pourquoi j'ai peur des neurologues! Je voyais bouger ses lèvres, j'entendais des sons arriver jusqu'à mes pavillons auditifs, mais je n'ai rien compris!
   Vous savez, c'est comme leurs ordonnances, on a l'impression de donner un papier gribouillé à un pharmacien et il nous prouve que ce sont bien des mots!
   Je n'ai pas voulu insister, c'était l'heure du goûter, je me suis contenté de comprendre que j'allais bien et que cet épisode n'était que passager. Ne me voyant pas prendre la tête à une neurologue, je préférais m'éclipser vers la plus proche boulangerie, il ne faudrait pas que je fasse un malaise!

vendredi 29 septembre 2017

Le vent du boulet.

   Je ne savais quel titre donner à ces lignes, même ciblée leur teneur m'échappe encore totalement, je vais laisser faire mes doigts et la musique. Le problème, pour l'instant, c'est que je ne puis décider seul de l'ambiance musicale, alors je vais me laisser emporter, tranquillement, sereinement.
   Le sujet est grave, je ne sais pas même comment l'aborder c'est vous dire! 
   J'ai senti que j'étais parti, j'ai une notion du départ pourrai-je dire, mais ce n'est pas vraiment ce que j'ai ressenti en fait. Vous l'aurez compris, je suis en plein désarroi. Je cherche ce qui a pu tant m'effrayer que je l'occulte complètement. Quelle est cette réalité que je fuis tant que sa recherche m'obsède? 
   Comment ai-je pu aller me coucher dans mon lit et me réveiller dix-huit heures plus tard à l'hôpital sans rien se rappeler des péripéties, pourtant nombreuses, qui ont émaillé ce laps de temps? Malgré les témoignages des différents intervenants, à aucun moment je n'ai la moindre bribe de souvenir direct. Je ne sais que ce que l'on a bien voulu me dire, c'est dire que je n'ai rien à en dire! Et c'est là dessus que je prétends écrire! Essayons au moins d'en sourire.
   Je ne puis empêcher une certaine proximité de la mort en ces lignes, d'où le titre, le vent ne soulignant que la soudaineté de l'événement. A quoi peut bien rimer un tel abandon de soi?
   J'en suis revenu, c'est l'essentiel, il ne reste plus qu'à trouver une cause acceptable et la page sera tournée. Il me faut déjà regarder ailleurs, accélérer encore mes changements de vie, c'est la seule certitude. Pour un instable chronique, ce devrait être du pain béni, ce devrait...
   Seulement c'est la deuxième fois que je n'ai pas le choix, que mon corps décide pour moi et contraint de plus en plus mes choix. C'est cette situation que je blâme!
   Je ne suis plus même certain de vouloir repartir encore, ou alors plus vers une énième profession. Je dois bien avouer que la frayeur qui m'a étreint lors de cet épisode me pousse à une autre réflexion. L'opportunité, oui je dis bien l'opportunité, de me mettre en retrait du milieu professionnel me tente beaucoup, je ne suis juste pas certain d'en être capable!
   Je regarde ma vie, je n'en ai pas le choix, il faut trouver une cause à ces malaises qui causent tant de malaise. C'est riche une vie, pour peu que l'on prenne le temps de la dérouler vraiment. Les expériences, qu'elles soient professionnelles, sociétales ou, plus simplement, expérimentales, nous font traverser des épreuves qui laissent des traces. Surtout que dans ce cas précis, ce sont des souvenirs empoisonnés qu'il fallait se préoccuper.
   Je ne vous en dirai rien bande de voyeurs, pour l'instant en tout cas, ça ne regarde que la médecine et moi. Dans quelques heures, nous ferons un bilan que j'espère définitivement optimiste mais ça, c'est l'ambiance du prochain texte qui vous le dira!

mercredi 27 septembre 2017

Observations.

   Il aura fallu un assortiment de médecins empressés à ma bonne santé et leurs observations pour que je me souvienne de l'essentiel.
   Tout est lié à l'observation!
   Placé en observation par la médecine, je dois observer un régime. Ou observons la situation sous un autre angle, après m'avoir examiné, les médecins ont observé un silence tout en continuant d'observer mes réactions. "Plaçons le en observation!" dit l'un...en observant les autres.
   Là, j'ai cru bon d'observer un silence éloquent, mais je n'étais plus sous observation, du coup personne ne m'a entendu!
   Puis j'ai dû pratiquer l'observance des observations médicales!
   Tout ce cheminement pour me rendre compte d'un détail d'importance, de l'histoire d'un oubli ou, plutôt, d'un simple égarement.
    Je ne pratique plus l'observance de mes observations! Je me suis enfermé dans une bulle opaque et je n'observe plus la vie.
   Donc, profitant du soleil radieux, je sortais à la rencontre du monde environnant, la baie de Solidor me parut convenir à ce retour au monde civilisé. Effectivement, il y avait là un assortiment de touristes....touristiques! Déjà, la moyenne d'âge poussait au calme, même les goëlands étaient silencieux, seuls quelques chiens, enfin je crois que c'était des chiens, en tout cas ils aboyaient! On ne peut pas leur en vouloir, ils permettent à leurs maîtresses de s'observer de pied en cap, puis d'échanger quelques péroraisons saisonnières, c'est toujours du contact humain!
    Je trouve un banc abandonné, ce n'est pas le lieu le plus propice à l'observation, il y a trop de places libres à côté de moi.  Puis, observant les autres bancs, je prends conscience qu'ils ne sont occupés que par des solitaires, livre ou téléphone à la main, ils empêchent toute intrusion. Diantre, le monde a tant évolué pendant mon sommeil que même les bancs ne sont plus des lieux d'échange!
   Le choc est violent, il me faut vérifier si c'est une réalité. Je me fais le plus discret possible en observant avec ostentation le paysage, un carnet discrètement tenu en cas de notes inspiratrices et j'attends. Je suis vite rassuré par un gentil couple qui s'installe avec force sourires, notre conversation ne vaut que pour principe mais c'est un principe rassurant, il reste encore de vrais êtres humains!
   Puis je trouvais un rocher isolé afin de pouvoir vous écrire tranquillement, n'observant plus que les ébats de quelques oiseaux. Une mouette profitant de la pêche de trois aigrettes dès que l'une d'entre elles ramenait un poisson, encore un jeu d'observation!
  Cela fait un bien fou de redevenir un simple observateur, après avoir retrouvé l'audition avec mon nouvel emploi, je retrouve la vue grâce à une défaillance, je crains le pire quant à ce que je vais devoir subir pour retrouver mon intelligence!!!
   Allez, éteignez ces ordinateurs et observez une minute de silence, juste pour voir ce que vous y observerez.
 

dimanche 24 septembre 2017

Même pas peur?

   J'ai toujours voulu croire que la mort n'était rien pour celui qui la subit, je continue de le penser, mais un peu moins!

   La vie, dans son immense sens de l'humour, sait nous offrir les expériences qui éclaireront nos routes. Je fais partie de ceux qui sont convaincus de la nécessité de ces apports, ils sont ce qu'il convient d'appeler la vitalité.

   Le problème tient à celles de ces expériences qui se sentent obligées de s'attaquer à cette vitalité dans ce qu'elle a de plus cher, chair devrai-je écrire. Il y a un apport qui ne semble que difficilement acceptable comme utile et dont nous pourrions dire que s'il éclaire sur une réalité,il ne semble en rien être un apport.

   Comment accepter la fragilité sans qu'elle ne soit ressentie comme de la faiblesse, même juste effleuré par la faux, ce n'est pas le sentiment de victoire qui l'emporte. 

   Si l'on veut y voir un côté positif, c'est que ça permet d'avoir des nouvelles de ses proches, même les plus lointains! Certes, cela ne dure pas longtemps, mais ne dit-on pas que c'est l'intention qui compte? 

   Puis, vous étant crû mort et ne l'étant plus, vous êtes ressuscité et, à l'instar d'un précédent un peu connu, on vous oublie derechef! C'est à se demander si l'on ne devient pas plus présent en partant qu'en restant! De plus, étant malade, vous n'êtes peut-être pas très sain à fréquenter!

   Heureusement que notre époque est formidable, où l'on peut se voir sans se toucher, ni même se rapprocher! On peut, plus simplement encore, se téléphoner sans se ruiner avec un dernier recours par les ultimes textos! On peut même encore envoyer un courrier postal, si, si, j'ai vu un facteur passer sur un vélo l'autre jour, ils existent encore!
   Mais les abus, fussent-ils de communication, sont mauvais pour la santé, alors les proches ont grand soin de prendre soin de nous!

   L'essentiel n'est cependant pas là, cette expérience, puisqu'il me faut bien ainsi la nommer, m'a ouvert les yeux sur un terrible constat. Quelle que soit notre croyance ou notre non-croyance, que nous ayons nos convictions ou pas, ce "moment-là" reste vécu comme injuste uniquement par sa simple brièveté.   

C'est beau la vie.

   Ce matin, en me réveillant, j'ai fait un constat surprenant, je sentais battre mon coeur! Ma surprise tient au fait que j'avais oublié cette sensation. J'ai donc ouvert les yeux sur les réalités de notre quotidien avec la légèreté de la joie d'être en vie, je ne puis le dire autrement!

   Après avoir constaté que le ciel était raccord avec mon humeur, j'ai pris le risque des actualités, les tempêtes sont passées, la terre ne fait plus que trembloter au Mexique, bon, le plus dur est passé.

   C'est là qu'il s'est passé un phénomène incroyable, même les journalistes si prompts à se grimer en croque-morts se sont transformés en clowns, bien malgré eux évidemment!

   Ils ont entamé leur marathon du rire avec un tremblement de terre en Corée du Nord, nouvel essai nucléaire de "rocket man",j'adore ce "regard" de donald la trompe! Mais non, la réalité rattrape la fiction, à force de se faire secouer pour rien, la terre a décidé de se faire plaisir aussi!

   Là où cela devient vraiment pittoresque, c'est que donald en a fait un caca nerveux et a envoyé "ses" bombardiers longer les côtes de kim la roquette, provoquant la réaction indignée de son représentant aux Nations-unies! Si ces péripéties me font sourire, c'est que l'on pense plus au Dictateur de Charlie Chaplin qu'à la montée en puissance de deux grands dangers planétaires. Je m'inquiète plus des silences de Poutine et Erdogan que des gesticulations de deux idiots patentés.

   Bref, les actualités me rendant plus souriant encore, je prolongeais l'expérience plus avant, bien m'en pris! La révolution est en marche et je n'en avais pas pris conscience! Un "véritable" révolutionnaire s'est levé en nos rangs, il clame notre colère à notre place, reléguant les pères de la révolution française dans l'oubli, il en semble convaincu en tout cas!

   Diantre, un comique et une présence sur scène digne de nos plus grands comiques des temps passés, Messire polochon fait son spectacle! Bon, cela ne saurait nuire, même si l'efficacité peut sembler douteuse, c'est toujours une forme de contestation. Il convient de rappeler à notre jeune président qu'il n'a pas été élu par une véritable majorité.

   Il n'y a donc que de vaines agitations au plus haut des arcanes du pouvoir, vu l'intelligence dont font preuve tous ces dirigeants, avouez que c'est rassurant!