mercredi 16 juin 2021

Un don.

    Au-delà de la qualité un don est un avantage certain, dans la définition en tout cas, car il faut cultiver cet atout pour qu'il en reste un. Il s'agit de savoir apprendre à maîtriser ce don, à l'accepter pour ce qu'il est, un allié, sinon il deviendra une entrave voire pire.

   Avoir un don à soi oblige à un don de soi, même donné un don a un prix. Mais un don est aussi un cadeau, une offrande faite au connu comme à l'inconnu, il devient alors un acte gratuit. C'est bien là le paradoxe du don, donné il se paye, payé il est gratuit, aussi étrange et inconnu que son origine tout simplement.

   Quelle que soit la forme qu'il prenne, un don n'en reste pas moins à valoriser, à mettre en exergue, sinon pourquoi serait-il donné ! Malheureusement un don ne se dévoile pas toujours aisément, il est parfois ignoré jusqu'au refus. Il n'est plus alors qu'une simple qualité, pas des moindres certes, mais elle n'est déjà plus un don. La différence peut paraître ténue mais elle est essentielle, la qualité sert principalement qu'à son serviteur, le don ne sert que les autres, égoïsme ou altruisme, deux contraires que tout semble opposer, et pourtant.

   Pourtant c'est bien la période d'égoïsme qui permet d'évoluer vers l'altruisme et ce don avec les charmes qu'il dévoilera au cours de son développement. C'est là que le verbe prend toute sa valeur car celui qui ne peut aider par le don de soi, pourra faire un don qui permettra à celui qui a un don de le mettre en avant, le donateur devient bienfaiteur et verse donc aussi dans l'altruisme.

   Quand au don, ce cadeau de la nature fait à certains, cette faculté incroyable ne peut se satisfaire de commerce car sa gratuité en est le prix. Pour récompense il faut apprendre à se contenter de regards de gratitudes, de sourires attendris et de quelques rires d'enfants, mais existe-t-il de meilleur salaire ?

lundi 7 juin 2021

Ca gratte.

    Je ne sais pas si c'est lié aux diverses suppressions de nos droits à se déplacer librement, mais depuis notre récente libération je croise de plus en plus d'adeptes des jeux à gratter lors de mes pérégrinations. N'étant pas un adepte de l'enrichissement autre que celui de ma curiosité, je dois avouer qu'il m'a fallu étudier de plus près ces étranges personnages, qui sont souvent des personnes âgées, par ailleurs.

   Habitant un quartier défavorisé, si ça existe encore, j'ai pensé que cet acharnement n'était lié qu'au désir d'enfin déménager de ce lieu oublié et de plus en plus replié sur lui-même. Bref, je m'égare, oubliant les héros de ce texte, qui en auront profité pour gratter de plus belle, soyez en certains. Or donc, ce n'est pas pour eux-mêmes qu'ils jouent, mais pour offrir à leur descendance un peu de cette dignité qui leur a été refusée. Mon esprit, aussi naïf que curieux, pensa alors que dans les quartiers dits riches de la ville nul ne grattait puisqu'ils ont déjà plus qu'il n'en faut. Que nenni, ils sont tout aussi appâtés que les précédents mais ils n'usent pas du même mode opératoire, ils font leur affaire dans un lieu public, certes, mais ils ont la décence de se retourner afin que nul ne voit le geste précipité qui dévoilera, sans nul doute, leurs gains... ou, le plus souvent, leurs mines déconfites.

   En tous les lieux, en tous les cas, ils sont plus visibles et paraissent plus nombreux qu'avant, lorsqu'ils se cachaient, voire se terraient, afin de cacher leur potentiel gros lot, que nul autre ne sache surtout. Puis sont arrivées ces périodes d'isolement forcé pendant lesquelles ils se sont sentis contraints à l'enfermement, s'ils gagnaient personne n'aurait pu se réjouir avec eux. Alors ils optent pour la gloire publique, tant qu'à gagner autant le faire au milieu d'une foule. Il y aura bien un ou deux "vidéastes" pour immortaliser l'instant. Ils veulent que leur potentiel bonheur soit vu et su, mais ce n'est que pour montrer aux autres qu'il existe encore des gens heureux, pas pour partager l'argent. De toute façon le "monde d'après" n'est pas prêt, de trop grands changements lui seraient nuisibles.... Le refus du partage devient alors un acte de charité qui, comme chacun le sait commence par soi-même, dans le bon ordonnancement...du monde d'avant.

jeudi 3 juin 2021

sans handicap, s'il vous plaît.

    Cela fait plus de trois ans que je lutte pour accepter enfin mes handicaps, il faut dire que ça ne se voit pas du premier coup d'oeil car je suis le seul à savoir que j'ai diminué de moitié, les autres me trouvent normal, si les handicaps ne sont pas apparents ils sont reniés et c'est mon cas. Il pourrait être rassurant d'enfin rentrer dans le rang mais il semble que je n'y sois pas totalement prêt, il me reste un dernier écueil à vaincre, mon cerveau doit se mettre au diapason de mon corps mais comment les accorder alors que je n'ai pas l'oreille musicale !

   Je suis redevenu actif dans le milieu associatif puisque mon état de santé ne me permet plus d'activités professionnelles régulières. Là je peux régler mon temps de travail sur les fatigues de mon corps, enfin je devrais pouvoir si ce foutu cerveau cessait d'entrer en ébullition dès qu'il est fait appel à des bonnes volontés. Depuis trois mois le temps s'est remis à couler, ponctué de fatigues et douleurs mais heureux de vivre à nouveau et des rencontres et nouvelles amitiés que je noue dans mes journées de jardinage partagé. J'y ai trouvé un rythme adapté et tout semblait aller pour le mieux, jusqu'à ce qu'apparaisse mon pire ennemi, l'ennui. C'est là que la vie a décidé de provoquer les événements qui ont inspiré l'écriture de ce texte. 

   Au cours d'une fête de quartier à laquelle participait de nombreuses associations malouines dont les organisateurs de la "fête des corsaires" de Saint-Malo. Une soudaine odeur de poudre m'a transporté en d'autres temps, en d'autres lieux réveillant l'artilleur qui s'était fait si discret pendant trois ans. La folie ne m'est plus permise, mais rien ne m'empêche de refaire le fou ! 

   S'il ne s'était trouvée que cette rencontre l'oeuvre n'eut pas été achevée, ce n'est que le lendemain que le feu a été remis aux poudres, lors d'une fête du vélo à laquelle je ne participait pas comme cycliste, rassurez-vous, mais comme crieur public. Il m'a fallu déclamer un texte de ma voix la plus puissante et le déclic a eu lieu, redevenu celui qui fait ce que peu d'autres peuvent faire, je suis redevenu moi-même.

   La clef était donc là, ce n'est plus par les activités physiques que je pourrais m'exprimer mais bel et bien par mon art du beau verbe et ma façon de le déclamer. Ma bouche sera mon nouveau canon, ma voix en sera l'explosion et mes paroles en seront le souffle, j'espère simplement que je saurais prendre le recul nécessaire !!!

vendredi 28 mai 2021

Le nouveau monde.

    L'enchaînement des crises actuel semble être le signal de départ d'une nouvelle expansion de l'Humain, nous. Quand une grippe un peu virulente effraie le monde entier, occultant toutes les autres épidémies, toutes les autres misères pourtant bien plus meurtrières, c'est qu'il est temps de regarder la réalité et de laisser paraître la vérité. Le seul véritable problème de l'humanité n'est pas l'écologie, moins encore l'épidémie, pas même la faim, il ne s'agit que de nombre, nous sommes trop nombreux pour si peu d'espace vital.

   Puisque la place nous manque il faut en trouver, mais ici, sur notre belle Terre, ce n'est plus possible, il faut conquérir de nouvelles terres comme le firent tant de nos ancêtres colonisateurs. Ensuite les terres étaient rapidement envahies par les moins éduqués des sociétés "civilisées", fuyant une misère que quelques riches entretenaient pour leur profit, déjà, et qu'ils s'empresseront de recréer en changeant juste le nom des exploiteurs !!! Il nous faut donc militer et aider à l'aboutissement de la conquête spatiale, cela devient un geste écologique puisque nous ne semblons plus capables de maîtriser nos pollutions et nuisances faites à la nature. Il devient indispensable d'aider les adeptes du toujours plus désireux de "décrocher la Lune", à s'envoler vers Mars, voire même plus loin où ils pourront créer un monde nouveau qui ressemblera étrangement à celui qu'ils ont abandonné. C'est le plus incroyable dans nos comportements, nous voulons toujours créer un monde meilleur mais nous ne faisons jamais que répéter les mêmes erreurs.

   Ainsi, ce fabuleux monde qui devait se relever de la pandémie instaurée par les pouvoirs politiques ne fait rien pour changer. L'écologie n'est qu'un sujet de débats stériles, la faim dans le monde n'est pas due aux gaspillages de nos sociétés si évoluées et les autres pandémies, réelles elles, ne touchant que des pauvres n'intéressent aucun investisseur.D'ailleurs le virus à peine éloigné, les actualités ne nous parlent plus que des guerres qui se font jour dans des endroits qui n'ont jamais connu la paix, de la violence déchaînée des jeunes au moindre coup de couteau dans des cités qui n'ont jamais connu de tranquillité. Oubliés les camps de concentration pour personnes âgées (ehpad, je crois), le sacrifice du corps médical et toutes ces professions qui étaient devenues héroïques. Maintenant que les classes dirigeantes ont obtenu la confirmation de notre naïveté de citoyens honnêtes, les dictatures vont se multiplier jusque dans nos démocraties pourtant éprouvées. Maquillant les mesures liberticides en nécessités sanitaires, ils font taire non seulement toutes les velléités de contestation mais aussi les moyens d'exprimer son mécontentement. 

   Donc les raisons d'être en colère sont toujours les mêmes, ce qui est nouveau c'est qu'il ne faut plus le dire au risque de passer pour un danger...pour la démocratie, hé, hé, hé, bienvenue dans un monde nouveau.

  

mercredi 26 mai 2021

Ecrire aveuglément.

    Ayant appris à contrôler mes maux, je retrouve enfin mes mots, je ne les avais qu'égarés dans un coin brumeux  de ma tête et ils reviennent noircir un peu l'écran devenu blanc de mon blog. Il me reste cependant un étonnant obstacle à franchir, taper mes textes sur un écran que mon épilepsie m'interdit de regarder. Je sens quelques sourires ironiques mais il faut comprendre que je suis si amoureux de notre belle langue, je m'en voudrais de la mal écrire faute d'avoir pu me relire. Heureusement que mes doigts avaient déjà pris l'habitude d'une certaine indépendance dans l'écriture, il me faut juste accepter de leur faire une confiance aveugle alors qu'il me faudrait plutôt les garder à l'oeil. Cependant je dois admettre qu'ils trouvent facilement l'inspiration, je pourrais dire les doigts dans le nez s'ils n'étaient concentrés sur le clavier.

   Voilà, à peine ont-ils pris le pouvoir que leurs mots divergent de mes pensées, du coup je ne sais plus où j'en suis puisque incapable de me relire.

   Peu importe, je vais laisser libre cours à mon esprit vagabond de conter tout ce qui lui fait envie. Or il se trouve que l'envie est d'écrire afin de décrire les vues qui s'offrent à mes regards. Je veux offrir une photographie littéraire de cette vie qui cultive tant la différence que je lui étais devenu indifférent, elle redevient ma vie avec ses aventures qui n'en sont pas.

   Il ne manquerait plus que mes doigts en fassent toute une histoire !!!