mercredi 30 janvier 2019

Avis de tempête.

   Le coup de tabac de ce week-end a été plein de virulentes turbulences venteuses, qui ont directement affecté mes envies de sortie. J'ai pourtant toujours aimé déambuler dans le vent, il vaut mieux en Bretagne littorale, les mouvements de vagues et leurs déferlements en sont l'un des charmes permettant d'oublier les conditions climatiques.
   Jusque là, seules les déferlantes pouvaient passer pour un obstacle, mais j'ai découvert que ce spectacle ne serait sans doute plus à mon programme, le vent agissant directement sur mes douleurs dorsales.
   Les jours de tempête ne sont plus les bienvenus et cela m'attriste au plus haut point, quand un simple coup de vent fait monter des larmes de douleur, il est des questions qui se posent, surtout pour un Breton!
   Heureusement que le changement climatique est bien parti pour faire de notre région une zone tropicale!
   Cela me pose un gros problème cependant, mes envies de voyages à pied ne peuvent se faire sans un minimum de matériel qu'il me faudra porter, d'une manière ou d'une autre. Et je ne puis me permettre d'attendre que Jupiter rétablisse, officiellement, l'esclavage!
   Mes envies de voyages pédestres ont du plomb dans l'aile tout à coup, en complément de cette foutue épilepsie qui joue les capricieuses. Je dois bien avouer que même mon optimisme suffit à peine à m'aider. En attendant d'y glisser mes pieds, c'est le moral que j'ai dans les chaussettes.
   J'en suis à un tel stade que j'ai demandé à être hospitalisé afin de subir de nouveaux examens, d'essayer d'améliorer mon état, voire simplement de stabiliser cette maladie qui a décidé de gâcher ma vie. Ceux qui me connaissent apprécieront, mais je n'ai que le choix de faire confiance à la médecine, même ma volonté et mon enthousiasme ne suffisent plus.
   C'est pourquoi j'ai annoncé un avis de tempête en titre, c'est généralement l'annonce de l'arrivée imminente d'une grosse dépression. Alors je vais laisser des spécialistes continuer à tripoter mon cerveau, s'ils réussissent, tant mieux, s'ils échouent, tant mieux aussi, au moins pourrais-je remplacer la dépression par la colère!
 

samedi 26 janvier 2019

C'est la crise.

   Nous avons tous entendu parler de la crise de la quarantaine, voire de la cinquantaine mais je ne m'attendais pas à ce que la mienne prenne une forme aussi épileptique!
   Il y a maintenant un peu plus d'un an que je tente de m'adapter à mes nouvelles capacités, même si elles ressemblent plus à des calamités, la route semblait se dégager pour m'ouvrir de nouveaux horizons.
   Les effets secondaires des drogues dures prescrites par la médecine finissant par s'estomper avec le temps, la constance dans l'effort me permettait de retrouver un rythme digne de mes envies de pèlerinage.
   Je pensais n'avoir plus qu'un écueil à mes envies de voyage, un dos devenu quelque peu récalcitrant à l'effort. Comme je ne peux améliorer son état que par l'exercice, il s'est un peu plaint au début, mais il a très vite compris l'intérêt du mouvement.
   J'avais donc l'optimisme au beau fixe, les crises d'épilepsie semblant être maîtrisées par la médication.
   Et puis, tout à coup, rien ne va plus, j'enchaîne les crises malgré le médicament et elles ne sont même plus à heures fixes. Je vais devoir tester une autre drogue, plus puissante, mais ce n'est pas ce qui me gène le plus.
   Cette instabilité soudaine me rend fragile, j'ai peur de me retrouver dans les lieux publics, tout autant que de rester seul trop longtemps, jamais je n'avais manqué à ce point de confiance en moi. Je me sens dépossédé par la maladie, mes décisions sont toutes liées à elle.
   Forcément, il y a achoppement, avec mon foutu caractère je me sens agressé dans ce que j'ai de plus cher, la liberté de mouvement. Si ne plus pouvoir conduire me semblait un clin d'œil de la vie, me poussant à marcher toujours plus, ne plus même pouvoir marcher me semble la plus injuste des punitions.
   En attendant, je vais devoir reprendre mon "parcours santé", mais j'ai un peu peur que mon optimisme en souffre un peu, cette fois-ci!

mercredi 23 janvier 2019

Comment ça, pas aimable?

   Il me faut bien en faire le constat, je ne semble pas aussi aimable que je voudrais le croire, les péripéties que je rencontre m'ont ouvert les yeux. Sans doute est-ce un pied de nez que me fait la vie, pour me remettre en mémoire le peu de soutien que j'ai pu apporter à ceux que je prétendais aimer, dans les moments où leur santé vacillait.
   Cependant, ayant été officiellement déclaré optimiste par la médecine, je peux voir le côté positif de cet état de fait. Il est déjà assez difficile d'accepter d'être malade sans qu'une bande d'olibrius ne passe son temps à remuer le couteau dans la plaie en prenant, trop souvent, des nouvelles qui n'en sont plus!
   Tout à coup, je m'apparais tel que je suis, ce ne sont pas les autres qui ne m'aiment pas, c'est moi qui ne me rend pas aimable, je refuse l'amour d'où qu'il vienne.
   Ce sont deux femmes qui m'ont ouvert les yeux, cela n'a rien de surprenant me direz-vous, alors que je traversais une période douloureuse. La première, alors que mon dos me torturait, me fit remarquer que si je ne lui laissais pas me faire de câlins il était normal que la douleur soit plus violente, parce que quand sa maman lui en fait, même les gros bobos s'en vont! Ah, oui, elle a sept ans, alors je me suis laisser câliner et, si la douleur n'est pas partie, je dois bien dire que je me suis senti mieux!
   La deuxième était plus expérimentée et m'a prouvé que je donnais plus d'importance au bien-être des autres qu'au mien, nous étions sur une aire de jeux et je me proposais de l'aider dans ses évolutions, "offrant" mon dos à la douleur ainsi qu'elle me le fit comprendre. Je suis d'agréable compagnie, "même sans faire le fou" m'a-t-elle affirmé, ah, oui, elle a onze ans!
   Ces deux anecdotes auraient pu rester lettre morte si elle ne m'avaient tant éclairé sur cette incapacité à me laisser aimer si je n'offre pas quelque chose en retour. Et en ce moment, ma santé très défaillante me laisse penser que je ne peux plus apporter quoi que ce soit d'autre que des soucis.
   Je ne me sens plus capable, tout simplement capable, il faut que je me redécouvre afin de m'aimer à nouveau, alors je pourrais laisser ceux qui m'aiment me trouver aimable à nouveau.
   
 

dimanche 30 décembre 2018

Les aventures rocambolesques de l'huître facétieuse.

   C'est de saison me direz-vous, mais elles n'ont pas toutes le même sens de l'humour.
Il convient de la regarder droit dans les yeux au moment de l'ouverture, ce n'est que là que l'huître se dévoile dans son entière vérité.
   C'est un bref instant de communion entre l'écailleur et sa victime, mais il est essentiel pour détecter ce regard si particulier, cette œillade pourrais-je dire, propre à l'huître facétieuse. N'étant pas la victime de service le jour de Noël, je n'ai pas opéré de tri avant que de m'en délecter.
   Ce n'est qu'en "cours de route" que j'ai pris conscience que l'une d'entre-elles n'avait pas produit le même effet que ses consoeurs, en arrivant à l'estomac plus exactement. Mais, et c'est là le propre de l'huître facétieuse, l'effet n'en est pas immédiat, elle se cache dans un quelconque recoin de l'estomac en attendant son heure, masquée derrière les goûts variés des autres mets.
   La soirée se déroule, le problème est oublié, digéré par le cerveau en attendant mieux, un peu de vin, du manger, de nouveau du vin et le doute est levé, à propos de l'huître je veux dire! Plus le repas avance, moins il semble y avoir de doute, l'huître, pour facétieuse qu'elle semblait, paraît avoir été digérée.
   En fait, il n'en est rien, de facétieuse elle devient pernicieuse, nageant telle une sirène au milieu de divers nutriments en cours de digestion, mais elle refuse, devenue capricieuse, d'en suivre le cheminement naturel. Elle reste là, attendant un ascenseur pour quitter cet estomac qui, décidemment ne lui convient pas.
   Comme nous sommes le soir du réveillon, chacun s'offre un petit cadeau avant que d'aller se coucher et puis au lit, des fois qu'un père noël passe!
   Ce n'est qu'au réveil, le lendemain matin, que mon huître facétieuse a laissé s'exprimer son "sens de l'humour", je n'ai eu que le temps de prendre un verre d'eau avec mon traitement, le café qui devait suivre ayant refusé l'entrée, la suite n'est pas racontable si ce n'est que mon huître est sortie en chevauchant mon remède.
   Je savais risquer une crise, c'est dans les bras d'une infirmière que j'ai passé un Noël épileptique, essayant de la convaincre que je n'étais que la victime de l'huître facétieuse. Par chance, le neurologue de service en avait déjà rencontré une, donnant tout son crédit à mon histoire, ils m'ont donc relâché rapidement.
   Mais, s'il est une leçon que je puis tirer de cet épisode, c'est que, dorénavant, je ne laisserais à personne le soin d'ouvrir mes huîtres!

mardi 11 décembre 2018

Il faudrait...

   Plus qu'un simple titre, c'est une devise qui émaille toutes les réponses aux justes révoltes qui grondent de plus en plus fort au sein du peuple. Qu'il s'agisse des politiciens, des experts en tous genres, des journalistes, toujours ils répondront: "ce qu'il faudrait...", parfois le temps de conjugaison peut varier, mais le verbe reste le même. Il s'agit simplement de ne jamais le conjuguer au présent!
   Mais n'est-ce que l'adage des classes dirigeantes? Ne serions-nous pas tous un peu plus que concernés par ce verbiage, ainsi qu'il conviendrait de le nommer?
   L'exemple le plus fréquent en ces périodes de doute est le fameux "il faudrait" des experts en climat et écologie. Nous nous empressons de réutiliser leur formule pour excuser nos refus de changement de style de vie.
   Nous devons passer en mode moins, déplacements, gaspillages, déchets et dès qu'un gouvernement veut en faire un programme national, nous descendons dans la rue pour crier que l'on veut bien changer mais pas en souffrir, alors même que nos souffrances seront amplifiées par le refus de changement!
   Ce qu'il faudrait en fait, c'est un miracle, mais les prières n'ont pas l'air très audibles vu le peu de réaction de leur destinataire.
   Nous agissons comme si nous n'avions pas de descendance ou comme si elle ne comptait pas, nous pouvons bien vilipender Donald la trompe, nous refusons autant que lui la réalité climatique mais au moins le reconnaît-il officiellement.
   Nos villes éclairées de trop nombreux lampadaires, aidés par les enseignes de commerces ne provoquent toujours pas de "il faudrait", pas plus que les trop nombreux déplacements d'avions, de bateaux tous toujours plus gros, comme les voitures particulières, tous toujours plus polluants, plus nombreux ne font pas même partie du débat.
   Mais, nous, simples citoyens, il faudrait que nous l'acceptions tout en faisant des sacrifices vains en leur lieu et place...il faudrait!