dimanche 12 juin 2011

J'aime les emménagements

Je ne pouvais pas le rater celui là, en effet après mon cinquième déménagement, j'ai enfin trouvé un lieu où me fixer, c'est donc à Dinan que j'ai l'intention de poser mes valises définitivement et, bizarrement, cela n'a rien à voir avec la reconstitution mais j'ai eu un coup de coeur pour cette magnifique cité médiévale. J'y ai trouvé un logement dans une rue typique de ce moyen-âge si cher à mon coeur et je trouve en ce lieu l'équilibre que je cherche depuis si longtemps. Ma passion des déménagements en sera aussi satisfaite puisque je devrai rendre mon appartement fin août et qu'il me faudra trouver un autre lieu de villégiature! Mais je vais rester à Dinan et m'y installer afin d'y pouvoir recevoir mes enfants et leur redonner de cet amour dont je les sèvre en ces moments délicats.
J'ai eu un premier emploi qui me permet de changer de voie professionnelle à nouveau, même si c'est un retour aux sources vers cette horticulture que je n'aurai jamais dû quitter, mais ça me confirme que ma boucle est bouclée et, qu'enfin, je vais m'assurer une stabilité durable. Ma colère étant tombée, je me sens assagi et serein, apte à une vie raisonnable (pas trop tout de même, à l'impossible nul n'est tenu surtout que je reste Fleuriquet! Si un jour je signe mes textes de mon vrai nom, c'est que je serai mort!!), mais je dois bien dire que je me sens calme, étrangement calme, et confiant dans mon avenir, j'ai franchi un cap à n'en pas douter, je suis devenu adulte! Avec cet emménagement je sors de ma crise d'adolescence et, du coup, bien des choses évoluent dans ma vie, à commencer par la reconstitution historique. J'ai, pour diverses raisons, quitté la troupe de reconstitution qui a donné naissance à Fleuriquet du Boutefeu et je pense pratiquer ma passion en électron libre jusqu'à ce qu'elle me quitte. Le plus dingue est que je n'éprouve aucun regret à cette page, que dis je, à ce pan entier de ma vie que je délaisse et, une fois mes dernières dettes acquittées envers les membres de cette troupe, je peux même dire que c'est avec soulagement que je tournerai la page. Écrirai je une autre page de la reconstitution ailleurs, je ne saurai le dire, l'avenir seul décidera!
Le deuxième grand chambardement provoqué par cette situation est l'incroyable plaisir que je prends à ma relative solitude. Je n'avais jamais vécu seul avant maintenant et je dois bien dire que cela m'effrayait au plus haut point, mais j'ai découvert les vertus de ces moments solitaires et de la puissance du sentiment de liberté qu'ils accordent, permettant l'introspection la plus totale et une vraie remise en question de sa valeur propre. Je me sens un homme neuf dans une ville nouvelle et, ainsi, prêt à relever les nombreux challenges qui m'attendent, tous ces moments à venir qui, loin de m'effrayer, me font jubiler à l'avance car pleins d'incertitudes et de piment. Je reste un homme de défis et je suis apte à relever ceux qui se présenteront pour accomplir ce que peu de personnes auraient osé entreprendre, reconstruire une vie, pour la troisième et dernière fois puisque, encore une fois, ma boucle est bouclée.
Je tiens tout de même à rassurer ceux que ma prose attire, en ce lieu rien ne changera vraiment, peut être les textes seront ils moins agressifs mais ils resteront piquants, je fais confiance à la déchéance grandissante de notre société pour m'inspirer encore quelques virulentes diatribes contre les mécréants de l'humanité!
Voilà, je ne vais pas m'étendre trop sur un sujet aussi personnel..... afin que vous puissiez éteindre vos satanés ordinateurs!!!

vendredi 10 juin 2011

Pourtant j'aimais les bandes dessinées!

Là, je réagis à chaud sur un article que je viens de lire sur nos héros nationaux de la bande dessinée, je veux bien sur parler de nos très chers gaulois d'Astérix et Obélix. L'article se permet de juger des moeurs de personnages fictifs, faisant suite à un livre très violent sur la psychologie des schtroumpfs, sérieusement, comme si l'on se devait de juger de tout ce qui ne sert à rien pour occulter les évènements importants. Déjà le procès d'intention commis contre Céline me paraissait déplacé, mais là, en arriver à prêter des sentiments belliqueux à des petits bonshommes bleus, affublés de bonnets ridicules et habitant dans des champignons...Tu m'étonnes qu'ils ont la haine!!!
Donc, après ce livre dénonçant la phallocratie des schtroumpfs, ce fut au tour de Tintin d'être traité d'assexué, voir de pervers, songez, ce héros qui n'a jamais de relations avec des femmes et qui, de surcroît est ami avec un petit asiatique!! Il n'en faut pas plus à nos fins psychologues du moment ( j'ai vraiment de plus en plus de raisons de les haïr ces gens là, sauf une cependant, qui semble bien connaître son rôle, mais c'est trop intime pour m'étendre sur le sujet!) pour décider que cet innocent de Tintin (car qu'est il d'autre qu'un simple personnage fictif s'adressant à des enfants, qui sont eux aussi assexués et qui pour certains ont des amis asiatiques, faut il le rappeler?) n'est qu'un pervers aux limites de l'homo-pédophilie! Ils ne parlent pas de la gérontophilie affichée par le capitaine Haddock dans sa relation avec la Castafiore, une omission sans doute, à moins que cela ne les touche de trop près.
Puis, nos charmants thérapeutes qui veulent soigner tout le monde, même celui qui n'existe pas, ont décidé de s'attaquer à Lucky Luke, avec ses gros pistolets et sa réputation de tirer plus vite que son ombre! Éjaculateur précoce en mal d'amour notre cow-boy solitaire? Il est pourtant plusieurs épisodes où il est très courtisé par la gent féminine, mais il faut lire tous les albums messieurs les carabins, avant que de tirer des conclusions péremptoires, vous aussi, messieurs, vous tirez trop vite!! Seriez vous des éjaculateurs précoces de la pensée que cela ne me surprendrait point!
Mais ce qui a le plus contribué à cet article, c'est l'attaque en règle contre ce temple, ce monument de la littérature "bédéphile" qu'est Astérix. Oser traiter Astérix de gaulois est la pire des immoralités que pouvaient commettre ces grands penseurs, comment croire que c'est une tare d'être gaulois? Bagarreurs, portés sur la ripaille et ses abus, se moquant de leurs contemporains étrangers avec cet humour qui nous est propre à nous français, à tel point que nous nous moquons autant de nous même que des autres, ce ne sont pas des signes de nationalisme exacerbé messieurs les psychologues, au contraire c'est un signe d'ouverture d'esprit que de pouvoir plaisanter des travers de ses voisins, surtout quand c'est aussi drôle que dans les albums d'Asterix! C'est bel et bien vous les racistes quand vous osez dire que les auteurs font passer les belges pour des gros lourds, alors même que les plus grands auteurs et éditeurs de bandes dessinées sont belges, d'ailleurs les blagues belges ont été très courues en France, avant que la bien pensance ne les remplace par les blagues sur les blondes! En retour, les belges avaient aussi quelques blagues bien senties sur nos travers à nous les Français qui seront à jamais gaulois.
Voilà, messieurs les psychologues, la réponse que je fais aux hommes vains que vous êtes, contentez vous de juger de ce qui est et non point de ce qui aurait dû être et tout ira mieux dans le meilleur des mondes... Quoique...Ne jugez plus de rien en fait et ce sera mieux pour tout le monde!
Allez, ça suffit pour cette fois, éteignez vos ordinateurs et allez vous plonger dans une bande dessinée de votre choix, je ne voudrai pas que l'on m'accuse d'orienter vos lectures!

mardi 7 juin 2011

Démission

C'est ce que font les gens en ces tristes jours de crise, les yeux fermés, les oreilles bouchées chacun se retire dans sa bulle, évitant même le regard du voisin. Ce que je ne vois pas, ce que je n'entends pas ne peut me faire réagir. C'est donc les yeux fermés que nous prétendons avancer, voilà pourquoi nous dévions de notre route. C'est sourds aux protestations des plus démunis de nos contemporains que nous écoutons, voilà pourquoi nous n'entendons pas.
Pourtant tout semble indiquer que nous arrivons au point de rupture, à ce moment fatidique où les sourds se remettront à entendre, où les aveugles recouvreront la vue et ce n'est pas dû à une intervention divine mais, bel et bien à l'insupportable morgue des nantis, à l'exhibition indécente de la richesse d'une poignée face à la déchéance de la majorité . Il y eut Louis XIV et sa cour de vils flatteurs pour déclencher la colère du peuple, certes il aura fallu deux rois après lui, mais aujourd'hui tout va plus vite et quand la population se met en réel droit d'exiger son dû, rien ne peut arrêter le cours de l'histoire en marche, il n'y a qu'à voir les pays musulmans.
Le peuple est son seul souverain et c'est à lui de décider, le droit de vote n'était pas autre chose que l'affirmation de ce droit, il est foulé aux pieds par les tenants des pouvoirs, ne se fait plus élire celui que le peuple choisit mais celui qui va dans le sens du vrai pouvoir qui appartient, aujourd'hui, aux multinationales qui vont jusqu'à cautionner les pires dictatures en toute impunité! Et qui, dans nos démocraties de parade, font élire ceux des politiques qui iront dans le sens de la marche, nous imposant la dictature immorale du chacun pour soi, appelée aussi marché du libre échange. Le problème est qu'ils ont rétabli l'esclavage sans que l'on ne s'en aperçoive, de façon pernicieuse, accusant leurs détracteurs de n'être que des jaloux utopistes, des naïfs irréalistes alors même qu'ils fondent leur pouvoir sur de l'argent qui n'existe pas, nous en avons la preuve depuis la crise financière qui n'a ébranlé qu'eux même, jusqu'à ce que nos gouvernants leur fasse don de notre argent. Nous voilà donc repartis dans une partie de Monopoly interminable, avec des dettes telles qu'elles ne sauraient être remboursées puisque l'argent engagé n'existe pas. Sous la révolution les assignats avaient été créés, les gens qui osent regarder l'histoire du monde dans ce qu'elle a de réel savent où cela nous mènera, de gigantesques brasiers vont s'enflammer, espérons qu'ils ne se transformeront pas en bûchers car ce sont souvent les innocents que l'on y brûle.
Il est un fait d'importance que ces mondialistes prospères omettent en ne regardant pas le passé c'est qu'invariablement les peuples se sont recroquevillés sur eux mêmes à chaque grande crise et ce repli sur soi ne fait qu'exacerber les nationalismes, avec leur cohorte de mesures d'enfermement, de rejet de "l'autre" donc du mondialisme, ils creusent leurs tombes et n'en ont pas conscience, le problème est le nombre de personnes qu'ils entraîneront dans leur sillage, des pays entiers risquent de disparaître sans que personne ne bouge, chacun ne regardant plus que son propre nombril. Car c'est bien de cela qu'il s'agit, c'est la politique du nombrilisme qui domine et à tous les niveaux, il faut être propriétaire de sa maison quitte à en faire sa tombe, il faut une voiture plus grosse que celle de son voisin pour faire croire que l'on gagne mieux sa vie, les enfants doivent avoir les mêmes jeux que les autres ou ils seront exclus, dans leur cas ça va jusqu'aux vêtements, tant pis pour l'essentiel, à savoir la nourriture et surtout l'affection et l'amour que nous ne leur donnons plus, "ils ont déjà tout ce qu'il faut, les téléphones portables, les ordinateurs, rendez vous compte mon enfant a des amis jusqu'en Australie!" mais ils n'ont plus de parents et c'est ce qui les rend si vindicatifs et violents mais, ça, personne ne semble en prendre conscience et rejette la faute sur l'ingratitude de ces enfants gâtés, dans les deux sens du terme! Nos enfants pourrissent de nos propres maladies à nous parents qui pensons qu'une télévision et un ordinateur leur assureront une meilleure éducation que nous ne saurions le faire. Et qui est à la base de ces croyances populaires, je vous le donne en mille, ceux là même qui ne voient d'intérêt que dans leurs profits financiers et qui, pour garder la mainmise sur le pouvoir, vont imposer leurs héritiers pour leur succéder comme les rois autrefois! Notre seul espoir résidant dans le fait qu'ils sont de moins en moins nombreux et que, ne se mariant qu'entre eux, cela finisse dans la consanguinité qui provoqua jadis l'accession au pouvoir de dégénérés, on pourrait penser que George W La bûche n'était que le premier d'une longue lignée de ratés à qui le pouvoir devient accessible, ce qui laisse de l'espoir c'est que cette dégénérescence a provoqué la révolution! L'accession au pouvoir du fils Sarkozy pourrait il être le prochain déclic?
En attendant ce savoureux moment, c'est la démission qui prédomine, la facilité de ne rien faire pour changer les choses. Tant qu'un semblant de confort existe pourquoi vouloir que ça change? Les gens deviennent propriétaires, chacun achetant sa maison en pensant que c'est un Château fort imprenable et qu'ils y couleront des jours heureux jusqu'à la fin de leur modeste vie. Combien de couples, de familles se sont déchirés en prenant conscience qu'ils ne vivraient rien d'autre tant ils se sont endettés pour acquérir ce tas de cailloux, car qu'est ce d'autre? Toute une vie vouée à l'achat d'un bien qui nous emmure vivants, qui bloque toute velléité de mouvement, qui ancre les gens dans une passivité de bon aloi et les empêche de bouger, quitte à conserver un emploi qui leur déplaît, à supporter l'insupportable juste pour pouvoir dire: "je suis chez moi", si la maison n'est pas saisie! Le gouvernement actuel savait ce qu'il faisait en facilitant l'accès à la propriété, il tuait toute velléité de révolte!
De la même manière, les employeurs ont profité de la crise financière pour imposer des sacrifices aux salariés, leur faire comprendre que seuls les moins gourmands en salaire tout en ayant la même productivité seraient conservés à leurs postes et tout le monde a plongé la tête la première, nous avons aujourd'hui un salaire net plus faible qu'il y a dix ans, pourtant nous produisons plus qu'il y a dix ans, où est l'argent si ce n'est dans la poche de quelques uns? Les tenants du système serinent à longueur de journées par média interposé que c'est normal que ceux qui prennent des risques financiers soient mieux rémunérés, cela est sans doute vrai, mais faut il qu'ils gagnent autant d'argent aux dépens des travailleurs qui sont les seuls créateurs de vraie richesse? Il faut bien admettre que sans main d'oeuvre, ces investisseurs ne seraient rien d'autre que vains et inutiles personnages, comment ne peuvent ils pas se rendre compte de cette évidence? Sont ils déjà dégénérés à ce point?
Alors demissionnons de nos démissions et révoltons nous contre cette injustice croissante, si ce n'est pour nous même, que ce soit pour nos enfants, pour un avenir à l'humanité, un avenir solide et durable. Ces maudits tenants du pouvoir ne comprennent hélas que la violence morale et la haine alors donnons leur ce qu'ils désirent tant, soumettons les à notre furieuse vindicte, ils seront bien contraints de changer.
Nous pourrions commencer en douceur, juste pour les avertir, l'année prochaine doit avoir lieu la grande pantalonnade présidentielle, que chacun reste chez soi, que personne n'aille voter puisque tous les candidats ont le même programme et qu'il ne nous convient pas, refusons leur le droit de nous représenter en une totale et entière abstention et si cela ne suffit pas, descendons dans les rues, tous ensembles et asseyons nous sans rien faire d'autre que de revendiquer notre droit à être, tout du simplement à être!
Il ne faut qu'un peu de courage et d'entraide pour que les choses bougent, nous avons en nous la force d'agir, le devoir, même, pour ceux qui sont parents! Nous devons arrêter de pourrir la planète et nous sommes prêts à nous y mettre, seuls les gouvernants, au fallacieux prétexte de gérer le mouvement, empêche que les choses avancent, juste pour que leurs "amis" puissent se préparer à faire de l'argent avec ça! Mais c'est de l'avenir de l'humanité qu'il s'agit et nous et nos enfants sommes un petit bout de cette humanité. Il faut que nous obligions tous ces gens de pouvoir à prendre conscience qu'il sont aussi un petit bout d'humanité, quelque part, enfoui tout au fond de leur portefeuille, en cherchant bien ils trouveront ou nous les y aiderons! Mais pour ça, encore une fois, il nous faudra démissionner de nos démissions, admettre que l'on s'est fourvoyé et que la course à l'échalote n'est pas une finalité de la vie, il faut que nous apprenions à désapprendre. Cessons de voir le voisin ou le collègue de travail comme des adversaires qu'il conviendrait absolument de battre dans la consommation et le paraître qui sont devenus les seuls critères de jugement d'une valeur dépourvue de la moindre intelligence, basée sur de simples apparences qui, comme chacun le sait, sont souvent trompeuses. Alors pourquoi continuer d'accepter l'inacceptable, redevenons intelligents dans tous les sens du terme, vivons en bonne intelligence avec les autres et, donc, avec nous même.

dimanche 1 mai 2011

L'ombre du passé

Je suis un homme sans passé, ceux qui me connaissent le savent, je ne me retourne jamais. Un jour je suis là semblant être votre ami, le lendemain je disparais sans laisser de traces, sans donner la moindre nouvelle. De rares fois, je réapparais pour mieux disparaître à nouveau. Ainsi suis-je fait, je tourne le dos en même temps que la page. Jamais, au cours de ma vie, il n’en fut autrement, j’ai laissé un nombre incroyable de gens sur la route leur donnant, pour certains en tout cas, le sentiment d’abandon total. J’ai pourtant éclairé la vie de nombre d’entre eux, leur donnant mon amitié vraie le temps que durèrent nos rencontres et je suis sûr d’une chose, c’est que ces personnes là n’ont pas oublié l’importance que je leur ai accordée.
J’ai redonné confiance à ceux qui doutaient, j’ai donné de la force à ceux qui se croyaient faible puis j’ai fui de peur sans doute que l’on ne veuille me remercier. Je n’aime pas les mercis, je n’accepte que difficilement les signes d’amitiés vraies, j’exècre les félicitations et je refuse de savoir pourquoi, c’est sans doute pour cette raison que je suis toujours parti avant que les choses n'en arrivent là!
Ayant pratiqué l’introspection plus que le commun des mortels, je me crois dispensé de rencontrer un psychologue, mais je pense que j’ai surtout peur de ce que me dévoilerait une psychothérapie, monstre égoïste ou parangon d’humanité?
Une seule certitude se fait jour dans mon esprit, c’est qu’il me manque un morceau de ma vie, il y a un passage que je refuse de laisser apparaître, que mon cerveau occulte sans que je puisse en percer le secret, c’est ce trou qui m’effraie je crois. Est-ce une mauvaise action de ma part ou un mal qui m’aurait été fait? C’est la grande question et le fait d’en ignorer la raison m’empêche de trouver la réponse, ce doit pourtant être très important pour que seul mon subconscient puisse en garder la trace sans vouloir me livrer la clef qui, enfin, me libérerait laissant s’exprimer totalement le génie créatif qui me hante.
Alors, puisque je ne trouvais pas la solution, je me suis dit que j’allais créer mon passé en m’enracinant dans une vie normale, un couple d’abord puis une famille, un emploi stable et que je ne quitterai que l’heure de la retraite venue, des amis suffisamment intéressants pour ne pas les quitter d’ennui. J’avais mis tous les ingrédients en place, presque 20 ans avec la même femme, deux magnifiques enfants qu’elle nous fit pour poser un peu plus les valises, 14 ans dans la même profession, moi dont la plus longue durée dans une entreprise était de 18 mois!! Ça paraît solide comme base de passé, je me suis rangé comme l’on dit, assagi, calmé, arrêté, mais rien n’y faisait, je devenais de plus en plus aigri et colérique ne comprenant toujours pas ce qui m’arrivait, je sombrais dans une mélancolie ravageuse qui me rendait de plus en plus invivable, me poussant à repenser à cette histoire de psychologue! Mais quelle est donc cette ombre du passé qui m’empêche de bien vivre? Je rejetais alors la faute sur mon père et son éducation si rigide qu’elle en était parfois perverse, solution de facilité pour tout enfant qui ne veut pas se remettre en cause! Mais, même en me convaincant que cet homme était la source de tous mes maux, en le rejetant, en lui déniant le droit d’exister dans mon cœur, rien ne changeait dans mon comportement. Inextricable situation dont je ne voyais pas d‘autre issue que d’aller consulter, tout en n’ayant pas le courage de l’assumer!
C’est alors qu’il m’est arrivé une histoire incroyable, une femme que j’avais connue au collège et de qui j’étais tombé éperdument amoureux , tout comme elle d’ailleurs, mais qui avait, pour d’obscures raisons, décidé que nous ne pouvions nous aimer autant avait disparu de ma vie de façon soudaine et brutale. Il y avait bien une part de moi qui me disait que je la reverrai un jour mais cela semblait plus tenir du fantasme que de la réalité. J’en avais tout de même parlé aux deux femmes qui ont partagé ma vie mais je n’étais sûr de rien.
Et puis, ce 13 novembre 2010, je suis sur un site d’anciens élèves quand je vois son nom apparaître, quelle bouffée d’émotions m’assaille alors, je visite sa fiche de présentation mais, trop ému, ne peux me résoudre à lui laisser un message. Ce n’est que le lendemain soir que, consultant mes mails, je constate avec une joie incommensurable qu’Elle m’a écrit. Je me rue sur le message, il est très sage mais un peu orienté, elle est en concubinage et non mariée, comme moi, je lui réponds immédiatement ne pouvant plus contrôler les battements de mon cœur et les émotions violentes qui m’assaillent de toute part, un message aussi raisonnable que le sien mais que je conclu en lui disant que je ne la laisserai plus disparaître de ma vie!
Là, nous n’avons plus rien maîtrisé du flot de sentiments que nous n’avions pu exprimer avant, et nous avons pris conscience que quelque chose de très fort se préparait, il fallait que nous nous rencontrions afin d’être sûrs de ne pas être dans un sentimentalisme post adolescent.
Nous nous retrouvâmes sur le quai de la gare de Rennes le 7 décembre, dès le premier regard, nous avons retrouvé cette fusion, s’aimant comme jamais aucun des deux ne l’avait fait auparavant! Pas de doutes possibles, nous étions toujours aussi épris l’un de l’autre et les conversations qui entrecoupaient nos embrassades étaient déjà riches d’une entente incroyable, mêmes vies, mêmes destins croisés, nos routes étaient d’un parallélisme à faire peur à d’autres que nous deux. Le soir même, j’annonçais à ma compagne que je la quittais! Une semaine plus tard, j’annonçais à mon patron que je le quittais! Tant qu’à tourner la page, autant changer de livre! Je vous épargne les divers incidents de parcours qui ont logiquement fait suite à cet enchaînement ( déchaînement devrais-je dire!), galère financière, relative détresse humaine, heureusement compensée par la présence et le soutien d’Amis sincères.
Le temps a continué de se dérouler faisant enfler notre Amour réciproque jusqu’à la démesure pour de simples mortels, mais nous sommes devenus immortels Elle et moi, notre Amour nous emmenant tutoyer les sommets. Elle a du chemin à faire avant que nous ne puissions cueillir les fruits de cet immense Amour, mais il s’est passé une chose incroyable dans le cours de notre histoire, Elle ne cessait de réclamer un temps mort à ma dévorante passion, d’apporter un peu de sérénité à mon bouillant tempérament, en un mot de me calmer, moi, me calmer?
C’est là qu’est intervenu le vrai miracle qui a et va éclairer ma vie jusqu’à la fin de mes jours, je le sais maintenant avec certitude. J’ai découvert la raison de cette terrible colère qui ne cessait de m’empoisonner la vie, c’était de n’avoir pas su empêcher Elle de me quitter, de n’avoir rien fait pour la retrouver, de l’avoir perdue. Tout à coup, tout m’a paru clair dans mon esprit, ce n’était donc qu’un gigantesque chagrin d’amour que cette colère!! Me voici débarrassé de cet encombrant sentiment, je n’éprouve plus qu’une calme sérénité, je ne m’énerve plus et c’est si exaltant que je me retrouve enfin, j’ose regarder dans le rétroviseur de ma vie et je n’ai pas honte de ce que j’y vois. Mes enfants sont grands et semblent assez bien partis pour faire de leur vie ce qu’ils voudront en faire, ce calme retrouvé me permettra de les aider vraiment dans leurs hésitations et j’ai enfin l’audace de leur dire combien je les aime!
Quand à Elle, ma sérénité retrouvée me permettra de l’attendre avec la patience nécessaire, de la laisser tracer sa route seule avec juste l’aide que je saurai lui apporter quand elle en aura besoin. Et notre histoire se mettra en place toute seule, avec une telle fluidité que personne n’aura à en souffrir car un Amour aussi pur souffrirait de colères déplacées et qu’y a-t-il de plus déplacé que la colère?

Je hais la clairvoyance

Comment pourrai je ne pas haïr ce sentiment qui m ‘est si caractéristique, j’ai souvent émis des jugements que d’aucuns pourraient juger péremptoires mais qui, dans la durée, s’avérèrent fort à propos! Que ce soit sur la personnalité vraie de gens rencontrés au hasard ou sur des situations dont je ne maîtrisais ni les tenants ni les aboutissants, ces avis émis souvent à contre courant de la pensée générale, me faisant passer pour un contestataire de principe, ont pourtant été d’une justesse parfois effrayante, mais, bizarrement, je n’ai que rarement pu en tirer profit, il se trouvait toujours des gens pour s’approprier ce bénéfice, certains reniant jusqu’à mon intervention initiale.
Et voilà qu'en cette période trouble que je traverse, ces jugements hâtifs de situation me touchent personnellement, au plus profond de moi même et des convictions affichées d'une grande confiance en moi et mes capacités en général. Alors, évidemment, je pourrai céder a la facilité de me faire voyant et de renseigner des naïfs sur eux et leur pouvoirs potentiels mais j'ai une éthique personnelle de la vie qui m'en empêche, d'où ma haine de ce sentiment de clairvoyance.
Il est presque frustrant de bénéficier d'un tel don et de n'en savoir pas faire usage! Imaginez, je vois très clairement quelles sont les aptitudes a exercer telle fonction mais je ne vois pas par quel Chemin y accéder, avouez qu'il y a de quoi être frustré! Je vois très bien les écueils qui se présentent mais je ne ferai rien pour les éviter... Juste pour voir si j'avais bien pressenti?
Un exemple tout simple, je travaille dans une jardinerie, nous fermons les portes a 19 heures, un client arrive cinq minutes avant la fermeture, il veut un salon de jardin. Je le vois de loin, la cinquantaine imbue, le bronzage qui sent encore la carotte et, il faut bien le dire, une tête de gros c..emm..enquiquineur, n'oublions pas que je suis dans le commerce, une profession où il faut sourire même si on vous enfonce un manche a balai dans le... En un endroit que la bienséance m'empêche de nommer ici mais qui ressemble étrangement à la lune (c'est parfois dur de garder la maîtrise!!) me voici donc à la merci de ce cher client si désireux de dépenser son argent qu'il vient a la fermeture! J'ai tout de suite vu que ce mec avec sa femme toute effacée allait me les briser menu menu, mais au lieu de lui signifier fermement qu'il était un peu tard pour ce genre d'achats , je l'ai servi! Il me montre une table, la moins chère vous l'aurez deviné, là, je vais vous mettre la suite en dialogue.

Moi: je vais en réserve voir si nous en avons en stock, je reviens tout de suite!
Lui: faites vite je suis pressé!!! (Non,non, pas moi!)
moi: (environ cinq minutes plus tard) désolé monsieur nous n'avons plus que le modèle d'exposition, mais je peux passer commande et vous l'aurez sous trois jours.
lui: il n'en est pas question, je suis venu acheter une table, je repartirai avec une table! Celle d'exposition vous me feriez combien de remise?
Moi: (de plus en plus souriant!) ah, non monsieur elle n'est là que depuis deux jours et elle est neuve, je ne puis vous consentir de remise, ce n'est pas la politique du magasin, (tentant de détendre l'atmosphère) et je n'ai hélas pas les moyens de vous l'offrir sur les propres deniers!
Lui: bon, qu'avez-vous comme modèle disponible?
Moi: le modèle d'a côté, il y a des rallonges ce qui permet de recevoir des amis (aparté: comme si tu pouvais avoir des amis avec ta gueule de gros con de merde, essayez de dire ça avec le sourire, si vous y arrivez c'est que vous êtes un vendeur en puissance!) évidemment elle est un peu plus chère mais ça ne fait pas une grosse différence (honte de rien le Fleuriquet, 560 euros contre 390 pour l'autre!)
Lui: d'accord si vous me la faites au même prix que l'autre!
Moi: Ben, euh! Est ce de l'humour monsieur? (Non me dit son air patibulaire de moins en moins tibulaire d'ailleurs) monsieur je veux bien rester aimable mais vous allez un peu loin! ( Lui assenai je en le regardant droit dans les yeux qu'il n'avait pas fort beaux soit dit en passant! Na)
Lui: je plaisantais! (Vous voyez ma clairvoyance quand j'ai pensé moins tibulaire!) je vais prendre le modèle au dessus.
Moi: (jubilant un peu) je vais de ce pas vous en chercher une, vous avez assez perdu de temps!!
Deux minutes et cinq dixième plus tard, je réapparais avec l'obscur objet du désir (elles sont dans un carton les tables, donc dans le noir, qu'alliez vous encore imaginer?).
Moi: voilà monsieur, voulez vous que je vous aide à la charger dans votre voiture, elle est un peu lourde.
Lui: vous êtes sûr que c'est le bon modèle? Elle me paraît plus grande que dans le rayon.
Moi: (aoum, aoum! Non, Fleuriquet ne te transforme pas en Boutefeu!) mais bien sûr monsieur, seulement l'emballage est plus grand afin de protéger la table pendant le transport.
Lui: elle ne rentrera pas dans ma voiture (clairvoyance, un 4x4? Hé, hé, hé!), il faudrait qu'on la déballe.
Moi: qu'à cela ne tienne, monsieur (lui répondis je, joignant le geste à la parole).
Mais là, ne me laissant pas le temps de dire ouf, il saute sur le carton et le déchire en tous sens, fichtre il est fort pressé cet homme là m'exclamais je à part moi! Et, une fois la table mise à nu, je ne saurai le dire autrement.
Lui: non, finalement elle ne me plaît pas vraiment(se tournant vers sa femme) viens ma chérie on s'en va!!
Et, là, croyez le ou non, ils s'en vont sans autre forme de procès me laissant face à ma pauvre table qui, à peine dénudée est abandonnée! Violeur va!! Là je peux le dire, il n'y a plus que les caissières et ça a au moins le mérite de les faire rire, du coup j'ai pu en rire aussi, un peu jaune mais c'est un rire! Vous voyez, ma clairvoyance m'avait prévenu mais mon manque de confiance en elle m'a fait privilégier mon emploi plutôt que ma raison!
Peut être devrai je me transformer en moine clairvoyant, je pourrai ainsi émettre des prédictions de la première importance et, qu'enfin, ma clairvoyance puisse m'apporter un bénéfice , même s'il n'est que moral!
Bon, en attendant la fin de mon séminaire, éteignez moi ces ordinateurs ou je vois très bien ce qui va vous arriver, un autre texte de Fleuriquet à lire, ha, ha, avouez que ça fait peur, Hein?