samedi 26 mars 2022

Plus dure est la chute.

       Voilà, je fais un retour en ce lieu de confidences qui me permettent d'évoluer dans la vie, avec plus de sérénité, surtout lorsqu'elle se décide à punir une langue trop mal tenue. Je pensais avoir réussi à vaincre le démon des paroles déplacées, mais ce n'était que façade, il aura suffi d'une simple parole, d'un simple mot pour que je sois à nouveau condamné à l'errance solitaire. J'ai heurté des sensibilités par l'incongruité de mon discours, la punition est irrémédiablement appliquée, sans jugement ou alors de pure forme, le bien public exige ma sortie, voire ma disparition, de la vie publique.

   Le mal est fait et j'en suis responsable, mais je ne peux m'empêcher de penser que la sanction est par trop sévère, jugé comme un homme déplacé, effrayant une part de la gent féminine jusqu'au traumatisme semble-t-il, par de simples mots, ces fameux mots de trop qui causent tant de maux, je me suis fait traiter de pervers même si mes juges eux-même n'ont jamais prononcé le mot. Ce sont des personnes qui ont l'art de dire sans nommer et elles pensent que cela suffit à ne point heurter les sensibilités, surtout en interdisant toute possibilité de défense. Je pensais avoir appris à m'exprimer mieux, mais ce n'est pas encore suffisant, il me faudrait devenir hypocrite, c'est la marche de trop, celle que je ne peux pas franchir sans me désavouer totalement. 

   Alors, en bon lecteur de ma vie, je vais continuer de tourner les pages de mon livre et espérer que le texte  prouvera que je suis vivant, que j'arrive une fois encore à franchir l'écueil sur lequel j'ai échoué, lamentablement échoué. Je voulais juste me faire une place au soleil, pas en pleine lumière juste un peu de soleil, des amitiés, quelques relations, rien de plus mais ce n'est plus possible sans devoir louvoyer entre des contraintes insurmontables pour ma franchise et mon honnêteté verbale. Je m'étais cru arrivé quelque part où enfin je pourrais m'exprimer autant qu'aider, en ayant maîtrisé cette bouillante nature qui en a tant effrayé, peine perdue, fin de la belle histoire.

   Il me faut m'en remettre si je veux me donner encore une chance de vivre en société, seulement je m'étais cru sur un piédestal alors plus dure est la chute et plus profondes sont les cicatrices, peut-être est-il temps pour moi de partir vers ce partout mais ailleurs qui tant m'attire.

vendredi 2 juillet 2021

Une boutefeu de bon aloi ?

    

   Il aura suffi d'une amitié bafouée, par une femme en qui j'avais une grande confiance, à deux reprises, et peut-être aussi au bon moment je l'avoue, mais c'est mon interlocutrice qui par ses actes a mis le feu aux poudres. Je suis parti de chez elle dans cette nouvelle colère qui m'habite encore parfois, plus pondérée certes mais toujours aussi expressive.

   Je n'eus alors d'autre choix que de laisser mes pieds guider mes pas, il me faut les suivre car ils ont décidé de décider, tout comme mes doigts ont décidé d'écrire cette histoire, je n'ai donc pas la maîtrise des mots qui vont suivre. quant à cette masse gélatineuse qui se croit au-dessus de tout, quand elle est si souvent au-dessous de tout. Quelques pas ont suffi pour que mon regard et ses heureux hasards qui ont guidé mes choix dans la bonne direction.

   Ce furent d'abord deux oiseaux qui se chamaillaient de façon quelque peu virulente au point d'attirer mes pieds tout autant que de capter mon attention. A première vue cela ne saurait surprendre un simple regard, mais l'histoire n'est pas si simple car, si cette bagarre concerne deux membres d'une même famille mais point de la même espèce. Une Mésange nonette, au ventre aussi blanc que gonflé de colère se prenait le bec avec un Moineau qui compensait par la violence de ses attaques sa petite taille. 

   Mes pieds effarés par tant de haine se prirent alors à mon cou et je dus les suivre en courant et ahanant, un peu pantois, ils se laissèrent errer sans plus y réfléchir afin de mieux laisser les poumons s'oxygéner ardemment. Recouvrant la vue et mes esprits je me vis contraint de suivre mon regard à nouveau, car il avait aperçu deux papillons qui voletaient  de concert,  semblant de la même espèce mais en pleine querelle. Cependant, à mieux y regarder, ce n'était point par dualité mais pour former un duo qui se préparait à devenir couple, rejoints par de nombreux autres membres de leur famille qui voulaient aussi agrandir leur famille pour mieux la grandir.

   Je détournais pudiquement les yeux entrainant mon regard à se porter ailleurs sans y porter  d'attention, ayant été distraits par mon inattention mes pieds se perdirent dans le dédale des directions, mon regard s'égarant à leur suite me donnait alors un aperçu réaliste de ma situation. J'en perdis l'équilibre au point de causer la chute de cette histoire qui d'une balade colérique a fait une ballade homérique, me rendant plus philosophe sur l'amitié et ses fondements.

mercredi 30 juin 2021

Un homme bien sans biens.

    Ayant repris des activités comme bénévole depuis quelques mois, dans les jardins partagés, je renais de mes cendres. Cela fait plus de trois années que je me suis éteint, pensant que je n'avais plus d'espoir de redevenir actif, mais il aura suffit d'une étincelle pour remettre le feu aux poudres. Je repars pour de nouvelles aventures, elles seront simplement plus calmes...encore que. 

   N'ayant plus la capacité de me servir de mon corps comme un outil, il me faut développer de nouvelles qualités. Mon cerveau prend enfin les commandes, mes actes sont plus réfléchis, voire mesurés. Ma réactivité instinctive s'en trouve améliorée et si je ne suis plus le moteur de ma vie, j'en suis devenu le conducteur. Je me retrouve en aidant ceux qui en ont besoin, mais c'est pour mon propre bien-être, car aider les autres c'est d'abord s'aider soi-même, aimer les autres c'est d'abord s'aimer soi-même.

   C'est dans ce nouveau cadre de vie que je déploie mes ailes, même fatiguées elles me portent toujours avec cet entrain lié à la joie de vivre enfin retrouvée. Cest là, au cours d'activités partagées que m'a été fait un magnifique compliment: " tu es un homme bien Alain ". J'en suis ému jusqu'aux larmes car jamais cela ne m'avait été dit avec une telle franchise, approuvé par les quelques personnes présentes. Tout à coup le regard change, le sourire s'épanouit dans cette sincérité qui fait tout son charme et la joie de vivre m'habite à nouveau. Ce qui n'aurait pu être qu'une simple anecdote s'est transformé en texte lorsque le compliment m'a été fait une seconde fois sous une forme encore plus surprenante. Lors d'une autre activité bénévole, une personne m'a certifié que j'étais un homme bien qui semait la joie et l'envie à tout vent. 

   Se pourrait-il qu'étant devenu conducteur je transforme les autres en moteurs, devenant le moteur de leurs envies ? Les visages que je croise se fendent toujours d'un sourire me donnant plus encore l'envie de les transformer en rires. Ma vie s'en trouve plus belle et m'entendre dire que j'ai la maîtrise de mes mots, que je suis calme et serein ne me paraît plus insultant, bien au contraire. 

   Voilà, une nouvelle vie se profile, je vais faire le bien des autres avec eux, pas contre eux. Il ne me reste plus qu'à convaincre celle qui me hait que je ne suis pas un mauvais homme et que, sans être un homme de biens, je suis un homme bien.

   Ce texte est pour toi Chloë, ma fille chérie, puisses tu me pardonner, je t'aime.

lundi 21 juin 2021

Argentophobie.

    Ce n'est pas une peur irraisonnée d'Asia Argento dont je veux parler ici, mais bel et bien de la phobie de l'argent. Il m'a fallu inventer le titre de ce texte car notre société nous refuse le droit de ne point aimer l'argent jusque dans les définitions des dictionnaires. Le pire est que je crains que les lignes qui vont suivre ne leur donnent raison ! Déjà il ne s'agit pas de l'argent au sens du métal créé par la nature mais de la monnaie d'échange créée par l'humain seulement, là aussi il n'est point de vocable répertorié pour définir une peur ou une haine de la monnaie. Tant qu'à inventer un mot, autant choisir le plus simple, monnaiephobie me paraissant douteux. 

   Peu importe puisque là n'est pas le sujet bien qu'il s'agisse de la phobie de la monnaie que je devrais donc nommer argent, j'espère que vous suivez bien car, moi, je commence à m'y perdre. Or donc, il se trouve qu'en cette période étrange que nous venons de traverser, ayant du temps pour l'introspection et, surtout, les dépenses vaines, j'ai découvert que l'argent disparaissait de mon compte bancaire, ainsi que de mes poches d'ailleurs, comme par enchantement. Je rentre toujours les mains vides sauf quelques achats alimentaires, parfois choisis je l'avoue, mais point de futilités. Pourtant mon porte-monnaie n'est plus empli que d'air à peine lesté de quelques pièces oranges, mes poches ne contiennent que les sempiternels mouchoirs en papier...rectangles, fichtre, me moucherais-je dans mes billets inconsciemment ? Tout se passe comme si l'argent me fuyait, dès que je pense avoir réussi à économiser un évènement imprévu vient réduire à néant mes quelques efforts. 

   Tout à coup une vérité semble se faire jour, et si je me trompais totalement, peut-être n'est-ce finalement que l'argent qui ne m'aime pas, il ferait une crise d'alainphobie que je ne serais pas surpris! Bon, si le fait semble établi, il n'en reste pas moins une question cruciale, comment posséder un argent que je n'aime pas plus qu'il ne m'aime? L'argent est-il à ce point contre nature pour que dans ma folie écologiste je le rejette si totalement? J'ai dû, bien inconsciemment, prendre conscience que la véritable nuisance à la vie sous toutes ses formes, venait de cette monétisation totale et absolue de tout ce qui existe sur cette terre et au-delà avec la conquête spatiale. Sans argent il ne semble plus possible de vivre pour l'espèce humaine, la preuve en est donnée par la force avec laquelle certains profiteurs se plaignent déjà de la baisse future de leurs profits, au détriment de la vie mais peu leur importe puisqu'ils sont déjà morts. 

   Comme notre Terre mère semble devoir se réchauffer, quelles que soient nos pitoyables tentatives d'enrayer le phénomène, les tenants du pouvoir de l'argent vont tenter de nous faire croire à un nouveau paradis possible, sur Mars! C'est sans doute le signe ultime de l'évolution de notre société, les religions imposaient d'être pur pour accéder au paradis de leurs hypothétiques dieux, maintenant il faut être riche pour accéder au paradis des hommes, cela deviendra de plus en plus inaccessible. Il ne restera alors aux personnes les plus démunies que l'espoir de décrocher la Lune...ou de vivre enfin en accord avec notre seule mère, la Terre. Il ne reste plus qu'à espérer que l'argentophobie est contagieuse, sinon je vous fiche mon (dernier) billet que nous sommes mal partis!!!

   

mercredi 16 juin 2021

Un don.

    Au-delà de la qualité un don est un avantage certain, dans la définition en tout cas, car il faut cultiver cet atout pour qu'il en reste un. Il s'agit de savoir apprendre à maîtriser ce don, à l'accepter pour ce qu'il est, un allié, sinon il deviendra une entrave voire pire.

   Avoir un don à soi oblige à un don de soi, même donné un don a un prix. Mais un don est aussi un cadeau, une offrande faite au connu comme à l'inconnu, il devient alors un acte gratuit. C'est bien là le paradoxe du don, donné il se paye, payé il est gratuit, aussi étrange et inconnu que son origine tout simplement.

   Quelle que soit la forme qu'il prenne, un don n'en reste pas moins à valoriser, à mettre en exergue, sinon pourquoi serait-il donné ! Malheureusement un don ne se dévoile pas toujours aisément, il est parfois ignoré jusqu'au refus. Il n'est plus alors qu'une simple qualité, pas des moindres certes, mais elle n'est déjà plus un don. La différence peut paraître ténue mais elle est essentielle, la qualité sert principalement qu'à son serviteur, le don ne sert que les autres, égoïsme ou altruisme, deux contraires que tout semble opposer, et pourtant.

   Pourtant c'est bien la période d'égoïsme qui permet d'évoluer vers l'altruisme et ce don avec les charmes qu'il dévoilera au cours de son développement. C'est là que le verbe prend toute sa valeur car celui qui ne peut aider par le don de soi, pourra faire un don qui permettra à celui qui a un don de le mettre en avant, le donateur devient bienfaiteur et verse donc aussi dans l'altruisme.

   Quand au don, ce cadeau de la nature fait à certains, cette faculté incroyable ne peut se satisfaire de commerce car sa gratuité en est le prix. Pour récompense il faut apprendre à se contenter de regards de gratitudes, de sourires attendris et de quelques rires d'enfants, mais existe-t-il de meilleur salaire ?

lundi 7 juin 2021

Ca gratte.

    Je ne sais pas si c'est lié aux diverses suppressions de nos droits à se déplacer librement, mais depuis notre récente libération je croise de plus en plus d'adeptes des jeux à gratter lors de mes pérégrinations. N'étant pas un adepte de l'enrichissement autre que celui de ma curiosité, je dois avouer qu'il m'a fallu étudier de plus près ces étranges personnages, qui sont souvent des personnes âgées, par ailleurs.

   Habitant un quartier défavorisé, si ça existe encore, j'ai pensé que cet acharnement n'était lié qu'au désir d'enfin déménager de ce lieu oublié et de plus en plus replié sur lui-même. Bref, je m'égare, oubliant les héros de ce texte, qui en auront profité pour gratter de plus belle, soyez en certains. Or donc, ce n'est pas pour eux-mêmes qu'ils jouent, mais pour offrir à leur descendance un peu de cette dignité qui leur a été refusée. Mon esprit, aussi naïf que curieux, pensa alors que dans les quartiers dits riches de la ville nul ne grattait puisqu'ils ont déjà plus qu'il n'en faut. Que nenni, ils sont tout aussi appâtés que les précédents mais ils n'usent pas du même mode opératoire, ils font leur affaire dans un lieu public, certes, mais ils ont la décence de se retourner afin que nul ne voit le geste précipité qui dévoilera, sans nul doute, leurs gains... ou, le plus souvent, leurs mines déconfites.

   En tous les lieux, en tous les cas, ils sont plus visibles et paraissent plus nombreux qu'avant, lorsqu'ils se cachaient, voire se terraient, afin de cacher leur potentiel gros lot, que nul autre ne sache surtout. Puis sont arrivées ces périodes d'isolement forcé pendant lesquelles ils se sont sentis contraints à l'enfermement, s'ils gagnaient personne n'aurait pu se réjouir avec eux. Alors ils optent pour la gloire publique, tant qu'à gagner autant le faire au milieu d'une foule. Il y aura bien un ou deux "vidéastes" pour immortaliser l'instant. Ils veulent que leur potentiel bonheur soit vu et su, mais ce n'est que pour montrer aux autres qu'il existe encore des gens heureux, pas pour partager l'argent. De toute façon le "monde d'après" n'est pas prêt, de trop grands changements lui seraient nuisibles.... Le refus du partage devient alors un acte de charité qui, comme chacun le sait commence par soi-même, dans le bon ordonnancement...du monde d'avant.

jeudi 3 juin 2021

sans handicap, s'il vous plaît.

    Cela fait plus de trois ans que je lutte pour accepter enfin mes handicaps, il faut dire que ça ne se voit pas du premier coup d'oeil car je suis le seul à savoir que j'ai diminué de moitié, les autres me trouvent normal, si les handicaps ne sont pas apparents ils sont reniés et c'est mon cas. Il pourrait être rassurant d'enfin rentrer dans le rang mais il semble que je n'y sois pas totalement prêt, il me reste un dernier écueil à vaincre, mon cerveau doit se mettre au diapason de mon corps mais comment les accorder alors que je n'ai pas l'oreille musicale !

   Je suis redevenu actif dans le milieu associatif puisque mon état de santé ne me permet plus d'activités professionnelles régulières. Là je peux régler mon temps de travail sur les fatigues de mon corps, enfin je devrais pouvoir si ce foutu cerveau cessait d'entrer en ébullition dès qu'il est fait appel à des bonnes volontés. Depuis trois mois le temps s'est remis à couler, ponctué de fatigues et douleurs mais heureux de vivre à nouveau et des rencontres et nouvelles amitiés que je noue dans mes journées de jardinage partagé. J'y ai trouvé un rythme adapté et tout semblait aller pour le mieux, jusqu'à ce qu'apparaisse mon pire ennemi, l'ennui. C'est là que la vie a décidé de provoquer les événements qui ont inspiré l'écriture de ce texte. 

   Au cours d'une fête de quartier à laquelle participait de nombreuses associations malouines dont les organisateurs de la "fête des corsaires" de Saint-Malo. Une soudaine odeur de poudre m'a transporté en d'autres temps, en d'autres lieux réveillant l'artilleur qui s'était fait si discret pendant trois ans. La folie ne m'est plus permise, mais rien ne m'empêche de refaire le fou ! 

   S'il ne s'était trouvée que cette rencontre l'oeuvre n'eut pas été achevée, ce n'est que le lendemain que le feu a été remis aux poudres, lors d'une fête du vélo à laquelle je ne participait pas comme cycliste, rassurez-vous, mais comme crieur public. Il m'a fallu déclamer un texte de ma voix la plus puissante et le déclic a eu lieu, redevenu celui qui fait ce que peu d'autres peuvent faire, je suis redevenu moi-même.

   La clef était donc là, ce n'est plus par les activités physiques que je pourrais m'exprimer mais bel et bien par mon art du beau verbe et ma façon de le déclamer. Ma bouche sera mon nouveau canon, ma voix en sera l'explosion et mes paroles en seront le souffle, j'espère simplement que je saurais prendre le recul nécessaire !!!

vendredi 28 mai 2021

Le nouveau monde.

    L'enchaînement des crises actuel semble être le signal de départ d'une nouvelle expansion de l'Humain, nous. Quand une grippe un peu virulente effraie le monde entier, occultant toutes les autres épidémies, toutes les autres misères pourtant bien plus meurtrières, c'est qu'il est temps de regarder la réalité et de laisser paraître la vérité. Le seul véritable problème de l'humanité n'est pas l'écologie, moins encore l'épidémie, pas même la faim, il ne s'agit que de nombre, nous sommes trop nombreux pour si peu d'espace vital.

   Puisque la place nous manque il faut en trouver, mais ici, sur notre belle Terre, ce n'est plus possible, il faut conquérir de nouvelles terres comme le firent tant de nos ancêtres colonisateurs. Ensuite les terres étaient rapidement envahies par les moins éduqués des sociétés "civilisées", fuyant une misère que quelques riches entretenaient pour leur profit, déjà, et qu'ils s'empresseront de recréer en changeant juste le nom des exploiteurs !!! Il nous faut donc militer et aider à l'aboutissement de la conquête spatiale, cela devient un geste écologique puisque nous ne semblons plus capables de maîtriser nos pollutions et nuisances faites à la nature. Il devient indispensable d'aider les adeptes du toujours plus désireux de "décrocher la Lune", à s'envoler vers Mars, voire même plus loin où ils pourront créer un monde nouveau qui ressemblera étrangement à celui qu'ils ont abandonné. C'est le plus incroyable dans nos comportements, nous voulons toujours créer un monde meilleur mais nous ne faisons jamais que répéter les mêmes erreurs.

   Ainsi, ce fabuleux monde qui devait se relever de la pandémie instaurée par les pouvoirs politiques ne fait rien pour changer. L'écologie n'est qu'un sujet de débats stériles, la faim dans le monde n'est pas due aux gaspillages de nos sociétés si évoluées et les autres pandémies, réelles elles, ne touchant que des pauvres n'intéressent aucun investisseur.D'ailleurs le virus à peine éloigné, les actualités ne nous parlent plus que des guerres qui se font jour dans des endroits qui n'ont jamais connu la paix, de la violence déchaînée des jeunes au moindre coup de couteau dans des cités qui n'ont jamais connu de tranquillité. Oubliés les camps de concentration pour personnes âgées (ehpad, je crois), le sacrifice du corps médical et toutes ces professions qui étaient devenues héroïques. Maintenant que les classes dirigeantes ont obtenu la confirmation de notre naïveté de citoyens honnêtes, les dictatures vont se multiplier jusque dans nos démocraties pourtant éprouvées. Maquillant les mesures liberticides en nécessités sanitaires, ils font taire non seulement toutes les velléités de contestation mais aussi les moyens d'exprimer son mécontentement. 

   Donc les raisons d'être en colère sont toujours les mêmes, ce qui est nouveau c'est qu'il ne faut plus le dire au risque de passer pour un danger...pour la démocratie, hé, hé, hé, bienvenue dans un monde nouveau.

  

mercredi 26 mai 2021

Ecrire aveuglément.

    Ayant appris à contrôler mes maux, je retrouve enfin mes mots, je ne les avais qu'égarés dans un coin brumeux  de ma tête et ils reviennent noircir un peu l'écran devenu blanc de mon blog. Il me reste cependant un étonnant obstacle à franchir, taper mes textes sur un écran que mon épilepsie m'interdit de regarder. Je sens quelques sourires ironiques mais il faut comprendre que je suis si amoureux de notre belle langue, je m'en voudrais de la mal écrire faute d'avoir pu me relire. Heureusement que mes doigts avaient déjà pris l'habitude d'une certaine indépendance dans l'écriture, il me faut juste accepter de leur faire une confiance aveugle alors qu'il me faudrait plutôt les garder à l'oeil. Cependant je dois admettre qu'ils trouvent facilement l'inspiration, je pourrais dire les doigts dans le nez s'ils n'étaient concentrés sur le clavier.

   Voilà, à peine ont-ils pris le pouvoir que leurs mots divergent de mes pensées, du coup je ne sais plus où j'en suis puisque incapable de me relire.

   Peu importe, je vais laisser libre cours à mon esprit vagabond de conter tout ce qui lui fait envie. Or il se trouve que l'envie est d'écrire afin de décrire les vues qui s'offrent à mes regards. Je veux offrir une photographie littéraire de cette vie qui cultive tant la différence que je lui étais devenu indifférent, elle redevient ma vie avec ses aventures qui n'en sont pas.

   Il ne manquerait plus que mes doigts en fassent toute une histoire !!!

mercredi 20 janvier 2021

Mascarade.

    Nos chers gouvernants semblent s'être adaptés à la situation bien mieux que pourraient le laisser penser la succession de décisions ineptes. Ils savaient ce qu'il faisaient en nous contraignant à avancer masqués, en fait ce n'est pas pour assurer une protection des citoyens mais bel et bien pour nous faire comprendre que nous sommes en plein carnaval ! Il ne nous manque plus que le vaccin pour pouvoir organiser des cavalcades ou des manifestations, selon que l'on soit pitre ou engagé politiquement, ah non, suis-je bête, c'est la même chose. 

   En attendant, rien ne nous empêche de faire des constats sur cette situation particulière et, avouons le, pour le moins dangereuse... surtout pour les gouvernements en place ! Nous pourrions faire preuve de magnanimité vis à vis d'eux, ils n'en savent pas plus que nous sur cette étrange maladie. Seulement leurs mensonges permanents sur la situation économique, écologique et humaine nous ont fait perdre la confiance nécessaire en eux. Les ordres suivis de contre-ordres, des membres du gouvernement qui se contredisent et un président toujours aussi imbu de sa personne ne laissent plus  de place au doute, ces gens là n'aiment pas le peuple, peut-être n'aiment-ils pas même la France.

   D'ailleurs il n'est pas utile de se servir du covid19 pour en apporter des preuves, le "bébé à sa maman" n'a respecté aucun de ses engagements de la campagne présidentielle. C'est une bonne nouvelle pour le social mais c'est bien le seul avantage que nous en tirerons, mais il est des domaines où l'incurie du président ne nous apportera que des problèmes. Il me faut cependant reconnaître qu'il a réussi quelques prouesses, mettre toutes les couches de la société en accord par exemple, le problème étant que tout le monde est d'accord sur son incompétence notoire !

   Je ne vais m'attarder que sur un seul sujet qui prouvera que mes propos ne sont pas totalement exagérés, l'écologie. Car ce sont bien les décisions gouvernementales à ce sujet qui ont réussi à me remettre au clavier. Monseigneur, après avoir joué les chantres de l'écologie mondiale se présente en modèle, la France va restituer trente pour cent de sa campagne à la nature, c'est une décision forte de prime abord. Malheureusement ce n'est qu'un effet de manche supplémentaire du comédien qui joue au président qui, comme depuis le début de son mandat, ne tiendra pas ses engagements ou de manière détournée.

   Ainsi les zones naturelles à protéger ne sont pas sur le territoire métropolitain, ou très (trop?) peu. Nous allons sanctuariser des zones de la France où il n'y a absolument personne pour y pourrir la nature, des îles perdues dans les contrées lointaines et totalement isolées. Alors les esprits chagrins soutiendront que c'est aussi la France, je suis d'accord même si ce ne sont souvent que des réminiscences de notre passé colonial, mais c'est ici, en métropole, que l'urgence prime. Seulement comment un élu aussi admiratif de l'inhumanité financière de notre monde, cause principale du pourrissement de notre planète, pourrait-il annoncer aux grandes fortunes de France qu'elles vont devoir payer pour les dégâts commis ? Il préfère s'assurer de pouvoir trouver un emploi trop payé pour garantir un avenir radieux à sa mèmère, quitte à le faire à nos dépens !!!

mercredi 30 décembre 2020

Solidaires solitaires.

   Les errances pédestres, qu'autorise encore le peu de liberté qui nous est laissé par la situation actuelle, me permettent de croiser de nouvelles personnes plus disertes qu'à l'habitude, plus nous sommes enfermés moins nous sommes renfermés, c'est une bonne nouvelle pour un bavard comme moi. Plus nos dirigeants nous exhortent à l'isolement, plus nous allons vers les autres, ce pourrait être un lieu commun en France où la désobéissance semble une seconde nature, mais ce n'est pas le cas.

   Tout le monde porte ce masque tant critiqué, j'ai même le sentiment que beaucoup d'entre nous y prennent plaisir, comme un nouveau moyen de vivre caché dans cette société qui exhibe tout. Il y a un autre côté positif, nous nous regardons dans les yeux lors des conversations, c'est une habitude que beaucoup d'entre nous avaient perdue. Cette pandémie aura des retombées positives, la peur de mourir nous apprend à vivre en nous rappelant que notre voisin est aussi un être humain, que le respect  dû aux personnes âgées est un devoir et que le mot entraide n'est pas vain. 

   Nous ne faisions plus que nous croiser, les contacts étaient de plus en plus rares, les promenades de plus en plus solitaires ont laissé la place à des promenades de plus en plus solidaires. Il est surprenant de constater qu'une maladie contagieuse pousse les gens à être plus ouverts aux autres. Plus nos décideurs font preuve d'incertitude, plus nous réagissons par nous-même, il nous faut une crise sanitaire pour développer notre esprit critique à nouveau et cesser enfin de subir les décisions ineptes de nos gouvernants sans réaction. Tout notre système de valeurs est remis en cause, à commencer par les règles de savoir-vivre, mais aussi dans nos modes de consommation, de déplacement, voire de travail. 

   Cependant, ce qui me séduit le plus dans ces échanges avec les personnes croisées est la prise de conscience écologique qu'entraîne cette situation particulière. Bizarrement l'humain prend conscience que c'est son comportement qui a permis le développement de cette maladie et qu'il est enfin temps de respecter cette nature comme la mère qu'elle est, nous devons cesser d'être son enfant capricieux. Ce qui me gène le plus est que c'est la peur qui pousse à agir une majorité de personnes, comme pour la pandémie. 

   Mais, pour l'instant, cela ressert les liens entre nous, nous réapprend la solidarité et le respect, le savoir-vivre ensemble. Finalement l'ombre de la mort nous rappelle que la vie est courte et que nos voisins sont, eux-aussi, des êtres humains que nous croisons tous les jours et, surtout, que nous ne sommes pas seuls.

jeudi 29 octobre 2020

La marche du déclin.

    Depuis le confinement du printemps est apparue une nouvelle espèce de promeneurs, ils sont facilement reconnaissables car c'est une seule tranche d'âge qui est concernée, celle des plus de soixante-dix ans. Il y a un autre moyen de les reconnaître, il s'agit de leurs tenues vestimentaires colorées et moulantes qui permettent de les voir arriver de loin. Ils semblent ne pas s'être remis des marches forcées que leur imposait l'heure impartie pendant l'emprisonnement sanitaire. Ils restent sur le même rythme quand bien même ils disposent de la journée.                                                                                                            

   Ils n'arrivent plus à ralentir, le rythme est pris, c'est décidé ils vont devenir de grands sportifs. D'ailleurs ils ont déjà adopté les tenues sportives et certains déambulent avec le casque sur les oreilles, là je ne suis pas certain qu'ils écoutent de la musique. Il semble que ce soit surtout un moyen de n'avoir pas à parler car, essoufflés comme ils le sont, il ne peuvent émettre que des ahanements de cheval cacochyme. Mais ils continuent de courir ou, pour le moins, de marcher vite surtout s'il y a du monde pour les regarder, dès qu'ils se croient seuls le rythme retombe, ils ne semblent motivés que par le regard des autres.

   Alors, bien sûr, j'entends déjà les esprits chagrins récriminer, le sport est bon pour la santé et c'est bien de s'entretenir, certes mais il faut savoir raison garder. Mais là, il est question de la façon de pratiquer, aucun encadrement, pas d'accompagnement, ils ne sont renseignés que par les applications de leurs téléphones. Ils adoptent des tenues si moulantes que même de jeunes sportifs n'oseraient porter, en fait ils sont en pleine crise de retour d'âge, ils ne veulent pas s'entretenir, ils veulent rajeunir, femmes et hommes compris, l'égalité enfin obtenue !!!

   Elles et ils n'hésitent pas à mater, voire à allumer, tout ce qui a moins de cinquante ans, moulés qu'ils sont dans ces tenues trop étroites qui laissent apercevoir jusqu'à ce qui ne se montre pas. Ils n'ont plus même le respect d'eux-même, moins encore des autres, ils ont l'air de se croire immortels comme tout ceux de cette génération de baby-boomer. ils ont pourri la planète, ont imposé leurs points de vue et ils prétendent continuer de nous emmerder le plus longtemps possible.

   Alors faites comme moi, n'hésitez pas à provoquer de cette abominable représentation de l'être humain, aussi nuisible à la nature qu'à l'humanité. Ne leur tendez surtout pas la main, tendez le pied pour les faire trébucher, dans l'état de décrépitude avancée où ils se trouvent cela devrait suffire à nous en débarrasser avant qu'ils ne nuisent à leurs petits enfants, déjà qu'ils n'ont pas hésité à sacrifier leurs propres enfants !

  

lundi 21 septembre 2020

A un détail près.

   Il est surprenant de constater à quel point un simple détail peut tout changer dans l'art qu'a développé la vie de s'adapter aux conditions imposées. Il est vrai qu'il suffit de ce petit rien pour changer beaucoup de choses. Ainsi le naïf que je suis se réjouissait déjà de voir de plus en plus de peuples réclamer leurs simples droits à des pouvoirs devenus aveugles à autre chose que l'enrichissement d'une minorité. Même les pseudo-démocraties, telle la notre, devaient faire face à ces mouvements inattendus de révoltés contre l'inhumanité des décisions gouvernementales. J'entends par là le peu d'attention que prêtent les décideurs aux risques d'atteinte à la condition humaine lorsqu'ils ont besoin de donner un coup de pouce à leur système déclinant. Ils s'accrochent à une bouée percée et pensent pouvoir s'en sortir en la regonflant de temps en temps, c'est qu'ils ne manquent pas d'air les bougres !!!
   Le système économique actuel semblait donc en danger, entre l'écologie et les révoltes de plus en plus nombreuses, mais voilà que surgit un simple virus comme nous en avons tant connu, auxquels l'humanité a survécu quoiqu'il arrive, même la peste noire n'a pas eu raison de nous. Ce virus n'aurait pas fait plus de dégâts si nos autorités l'avaient laissé suivre son cours habituel, à n'en pas douter, tuant son lot de personnes qui n'avaient plus de résistance à offrir puisque déjà malades ou en fin de vie. Ce n'est donc qu'un petit détail à l'échelle du monde vivant, un détail qui tue certes, mais que des humains et en petit nombre de surcroît. Pourquoi nos autorités auraient-elles décrété l'urgence absolue et totale pour nous en protéger puisqu'elles ne s'inquiètent pas même de voir mourir de faim certains de leurs concitoyens ? 
   C'est leur dernière façon de regonfler leur bouée sans doute, ils ont décidé de réutiliser la peur comme moyen de maintenir leur dictature en place, la dictature de l'enrichissement avant tout. Tous les régimes dictatoriaux se sont servis de cette arme pour tenter de se maintenir en place, jamais aucun pourtant n'a duré beaucoup plus longtemps que les autres. Heureusement que ceux qui pensent diriger notre planète sont de plus en plus idiots, c'est dû sans doute à la consanguinité à force de ne plus vouloir se mélanger avec le peuple, et ils sont si tournés vers l'avenir qu'ils en oublient les leçons du passé, plus dure sera la chute !!! 
   Tout ceci devrait réjouir le révolté que je suis, la révolution se fera quoiqu'il arrive, qu'elle soit de source humaine ou imposée par mère nature elle aura bien lieu, c'est aujourd'hui une certitude même pour ces immondes décideurs. Il leur reste pourtant un moyen ultime de continuer de vivre comme s'ils étaient seuls au monde, le déclenchement d'une guerre par exemple ou encore l'utilisation "ciblée" de virus, faisant alors des millions de morts, voire même des milliards, nous n'en sommes plus à un détail près, n'est-ce pas ?
   
   
   

vendredi 31 juillet 2020

L'ombre a besoin de lumière pour exister.

   Il est des moments de la vie qui apportent la lumière, elle resplendit d'autant plus quand on sort d'un tunnel. Le plus surprenant dans ces périodes de renouveau est qu'elles sont toujours inattendues, pour ne pas dire inespérées puisqu'elles effacent le désespoir. Tout à coup, sans coup férir cependant, une lueur fugace apparaît, puis son intensité augmente jusqu'à éclairer les recoins les plus sombres de l'âme, jusqu'à ce que le regard lui-même s'éclaire, jusqu'à redonner l'envie d'avoir à nouveau envie et de se prouver que l'on est encore en vie.
   C'est à se demander si ce n'est pas un clin d'oeil du destin, nous laisser sombrer pour mieux nous ramener à la vie, pour réapprendre à apprécier les moments de bonheur passés inaperçus aux yeux de ceux qui les vivent, au moment où ils les vivent. Comme s'il fallait irrémédiablement tomber pour savoir se relever, s'effondrer pour savoir se reconstruire. Alors seulement, chaque instant fait surgir un bonheur et une joie retrouvés, en appréciant chaque détail fut-il fugace.
   Nous pouvons alors entreprendre la reconstruction de ce que l'on a soit même détruit, pierre par pierre mais sans y mettre le moindre ciment, afin de mieux se rappeler que l'éternité ne nous appartient pas. La simple locution "toujours" devient désuète, un "pour la vie" ne paraît qu'une vaine promesse. La joie ne peut-être que fugace pour être réelle, les larmes qu'elle engendre sont aussi celles de la tristesse, moins amères sans doute mais aussi pleines du sel de la vie, puisque quelle que soit leur forme elles sont la vie. Pour en avoir pleinement conscience la lumière doit se faire afin de mieux faire briller ces larmes, alors elles se transforment en espoir face à cette vie si capricieuse qu'elle en devient parfois brouillonne.
   Souvent c'est la magie de l'amitié qui en est l'interrupteur, plus encore que la famille car c'est la gratuité du geste qui le rend si lumineux. C'est dans le regard des autres que l'on voit le mieux ses propres reflets, illuminés qu'ils sont par l'attention des amis. Là réside la vraie lumière, celle de l'amitié qui est contrainte à plus de concessions que celle de la famille afin de rester vraie et sincère. Certes les retrouvailles sont moins fréquentes mais elles en sont d'autant plus intenses et passionnées, ce sont ces moments qui rappellent au distrait que la vie est belle, quel que soit le sens qu'elle prenne.
   On sort toujours grandi des rencontres entre amis, des "tu n'as pas changé" aux "tu as pris un coup de vieux, dis donc" ce ne sont qu'échanges pleins de sincérité et d'amour. Car telle est la finalité des amitiés, apprendre à dire je t'aime pour mieux apprendre, ou réapprendre, à dire je m'aime. Alors l'ombre s'efface devant le soleil et nous pouvons sans crainte atteindre le zénith.
                    A mes amies et amis, toutes et tous.

mercredi 8 juillet 2020

Jésus crie.

   Être athée n'empêche pas la réflexion religieuse, au contraire, se libérer des contraintes d'une religion imposée permet d'élargir le champ des possibles. Cela permet de voir tous ces pseudo-prophètes d'un hypothétique dieu pour ce qu'ils sont, de minables profiteurs qui ont permis l'asservissement des peuples.
   Il n'en est qu'un seul qui ne s'est pas comporté ainsi, qui voulait créer un monde d'amour et de respect,  hors des contraintes imposées par un potentiel créateur dictatorial de notre si belle planète, je veux parler de Jésus. Sans doute le premier véritable hippie, le premier révolté contre l'ordre établi par les schizophrènes inhumains ayant créé des règles que personne ne peut respecter, pas même la nature.
   Jésus s'est élevé contre ces lois, contre les dictateurs, pour la liberté et le respect de l'être humain, il est le premier écologiste, le premier révolutionnaire. Mais il est surtout la première victime de ces lois qui ont créé le monde d'aujourd'hui, où l'inégalité est l'absolue nécessité d'un équilibre précaire, où une minorité décide pour, et contre, la majorité. En fait de fils de dieu, il serait plutôt l'aïeul de Yasser Arafat, un homme simple et juste qui s'élève contre les abus de pouvoir d'une caste hébraïque qui voulait imposer son âpreté au gain et à l'exploitation de l'homme par l'homme.
   Il semble qu'il ait su dès le début que son combat serait vain puisqu'il a refusé de rester dans une tombe où il n'aurait cessé de se retourner. Aucun de ses préceptes n'a été respecté, à aucun moment les décideurs n'ont voulu accorder la moindre valeur à ses idées, pire encore, ils ont osé utiliser son nom pour mieux pressurer les peuples. Comment peut on croire que ses messages n'aient été écrits par ses disciples qu'un siècle après sa disparition sans qu'ils aient été déformés, voire dévoyés, par des "illuminés", tel ce fameux Paul, Saül en réalité, qui prétendit créer une église qui aujourd'hui encore nous met sous son joug, même contre notre volonté.
   Les chrétiens ont été les premiers à prendre la mesure du pouvoir que pouvait leur conférer le pseudo-rattachement à des messages d'amour, n'hésitant pas à faire usage de la force et de la torture pour convaincre les peuples de s'aimer ! Les musulmans, manipulés par Mahomet, ont repris allègrement le flambeau, en le mâtinant des idées lubriques d'un homme avide de domination et de règne sans partage, poussant ses adeptes dans des guerres sans fin, même entre frères.
   Dans tout les cas de figure, le véritable message de Jésus n'a été utilisé que pour nuire à l'espèce humaine et, par voie de conséquence, à la nature dans son ensemble, la domination de l'homme sur la nature sauvage a été ordonné par des brutes sanguinaires dont l'aboutissement est la domination de l'homme par l'homme.
   Alors oui, Jésus crie et fait entendre sa vraie voix par la nature qui se rebelle contre ces humains inhumains. Cela s'appelle l'écologie, la vraie, la seule, celle qui permettra à Mère nature de se débarrasser de l'humanité avant que tout ne soit détruit, avant que la planète n'implose, il y eut les dinosaures, bientôt nous pourrons dire qu'il y eût l'humain, à ce moment là, Jésus, enfin, pourra cesser de crier puisqu'il n'y aura plus personne pour l'entendre. 
   Il convient donc de se débarrasser des religions pour sauver ce qui peut encore être sauvé, la véritable humanité.
   

lundi 1 juin 2020

Inconstance n'est pas inconcistance.

   Un simple jeu de mots pour titre, c'est pourtant une belle histoire que je veux conter ici, un de ces hasards dont la vie seule sait le pourquoi mais peut-on parler de hasard quand l'inconstance vous revient en mémoire. C'est une boîte de Pandore qui s'est ouverte hier soir par une rencontre inattendue, mais qui arrive au bon moment de cette étrange histoire qu'est ma vie. Mon départ de ce monde qui n'est plus le mien semblait prendre un mauvais départ et voilà qu'une anecdote me rappelle que je n'y ai plus ma place. Ma place est, définitivement, partout mais ailleurs le doute ne m'est plus permit, il faut que je parte, laissant derrière moi un passé qui n'est plus qu'un souvenir.
   C'est justement un souvenir qui me pousse à nouveau vers la découverte du voyage sans but qui m'attend, qui m'appelle de plus en plus fort. Hier soir sont arrivés trois jeunes marcheurs, dont l'un est d'origine Sénégalaise, il vient des îles du Siné Saloum, ce lieu où les bras de mer séparent les villages tout en resserrant les liens entre les habitants du lieu. Mon service militaire m'avait amené vers cet endroit par un drôle de hasard, encore un, c'était un cadeau offert par la marine nationale pour me récompenser de mes grandes qualités de militaire, ne riez pas, c'est une histoire vraie !
   Me voici donc embarqué avec de vrais militaires pour acheminer des canalisations nécessaires à la mise en place de puits d'eau douce, en cet endroit où l'eau retrouve sa vraie valeur de source de vie. Nous sommes traités comme des personnes de grande valeur, accueillis comme des princes par une fête dont seuls les Africains ont le secret, la joie y est patente et communicative. Hébergés par les habitants du lieu, nous avons pris notre petit déjeuner sous les yeux de la famille, toute la famille, jusqu'à ce que la lumière se fasse, ce n'était pas "notre" petit déjeuner mais bel et bien le leur que nous mangions sous leurs regards emprunts d'amour et de respect. Le pire étant qu'il faut tout manger sous peine d'être offensant, j'étais avec l'infirmier du bord, devant lui servir d'aide pour les soins gratuits qu'il venait apporter aux autochtones qui me l'avait expliqué.
   Après ce moment mémorable, malgré la gêne ressentie, nous nous mîmes donc à l'ouvrage et il y avait de quoi faire vu qu'il n'y avait pas même un simple dispensaire. Nous étions devenus les "monsieur docteurs", mais je n'avais pas encore compris qu'au delà du titre c'était une marque d'immense respect qu'ils avaient pour notre rôle. Être considéré comme un bienfaiteur de l'humanité à vingt ans est un moment inoubliable, je l'avais pourtant relégué au fin fond de ma mémoire comme un vieux souvenir empoussiéré, la vie a su le ramener sur le devant de ma scène, plus de trente ans après !!!
   Il aura suffi de la rencontre avec ce jeune sénégalais, trop jeune pour m'avoir connu au moment des faits. C'est au cours d'une simple conversation où je me rappelais les lieux grâce à lui qu'a surgi cette magie si propre à l'Afrique. Lorsque je fis mention des faits précités, son regard s'éclaira et il m'appela Benny, le nom dont m'avait affublé mes amis marins parce que je ressemblais à Benny Hill avec le bonnet de marin. Imaginez ma surprise d'apprendre que mon nom était encore cité dans ces anecdotes dont les vieux Africains ont le secret, le regard emprunt de magie du jeune homme rajoutait à mon ébahissement.
   Je suis devenu le héros d'un conte africain, en compagnie de mon "monsieur docteur" nous hantons encore les soirées du lieu, ce n'est plus de la simple magie mais bel et bien une légende ! Le jeune homme originaire de ces îles isolées entrepris alors de raconter l'anecdote à ses deux amis présents, me faisant passer à leurs yeux pour un sauveur de vies, apportant soins et sourires en même temps puisque mes farces servaient d'anesthésiant pour ces enfants blessés que nous devions soigner à vif. Je me suis redécouvert en leur compagnie, je ne connaissais plus cette facette de ma personnalité, l'ayant mise sous l'éteignoir de ma vie, elle est pourtant bien réelle et ne m'a, peut-être, jamais quitté mais je me la refusais. 
   Voilà, je ne veux pas m'étendre plus sur cette anecdote, elle n'appartient qu'à moi, mais il me faut y voir un clin d'œil du destin, je sais maintenant pourquoi je dois aller finir mes jours sur ce continent, c'est là qu'est ma vraie vie, c'est là que je suis le vrai Alain, même déguisé sous le sobriquet de Benny.
Alors je vais partir là-bas et je laisserai le destin seul décider de mon cheminement, aidé qu'il sera par cette magie africaine qui semble m'y protéger de tout ennui et, surtout, de ce moi qui n'est pas Moi.

vendredi 22 mai 2020

Tomber les masques.

   L'épidémie du coronavirus semble décliner, nous avons été relâchés de nos prisons virtuelles atteignant enfin ce fabuleux "jour d'après". Les réactions pendant le confinement ont prouvé à quel point ce monde est devenu vain, les promesses de révolution, de têtes qui doivent tomber, d'un monde nouveau où nous deviendrions vertueux quand au respect de la nature, ne resteront que des vœux pieux. Les actes ne sont plus que de minables commentaires sur les réseaux sociaux ou chacun y va de sa vertueuse diatribe, mais n'agit surtout pas, ou alors dans son unique intérêt nous retranchant dans cet égoïsme devenu art de vivre.
   Dès le début de la liberté retrouvée les voitures se sont remises à circuler dans tous les sens, chacun trouvant un bon prétexte de la sortir et de rouler toujours plus, toujours plus vite, c'est qu'il y a du retard à rattraper, n'est-ce pas? Les inconditionnels du confinement ayant été bien conditionnés, chacun porte son masque et dévisage celui qu'il croise avec autant de défiance que s'il était devenu un ennemi, finies les amabilités, il convient de considérer l'autre comme un pestiféré, il faut descendre marcher sur la route pour laisser le trottoir à ces mal-éduqués qui ne nous remercient même pas du geste, les automobilistes n'hésitant pas à raser celui qui s'est décalé, imbus qu'ils sont de leurs voitures trop larges pour les voies de circulation. 
   Puis vient le Week-end, ensoleillé à souhait,  invitant à la déambulation, rendant les masques insupportables même aux plus peureux. La nature humaine reprend ses droits, oubliant la nature et le respect qui lui est dû, les masques tombent, à l'endroit où se trouvent ces goujats qui sont incapables d'attendre la prochaine poubelle, jonchant les trottoirs de ces déchets quasi indestructibles et potentiellement porteurs de ce virus invisible. Les habitudes d'antan redeviennent des réflexes, manger de la merde, semer sa merde et continuer de critiquer ceux qui osent encore marquer leurs différences, c'est à se demander comment la Mère nature a pu permettre à l'homme de se développer, le dieu des imbéciles doit vraiment exister pour que nous ayons notre place en ces lieux, un dieu aussi inhumain que nous le sommes devenus.
   Ensuite viennent ces révolutions populaires que tout le monde appelait de toutes ses forces, là encore ce n'est qu'un vœu pieu. La peur des forces de l'ordre du mini dictateur, homosexuel refoulé et mari de sa mère, ont réussi à  empêcher toute velléité de manifester, pour notre bien assurent-ils, cachés derrière leurs boucliers et armés face à leurs propres concitoyens. La peur du virus est remplacée par la peur de l'autorité, le plus terrible est que ça fonctionne, les traumatisés restent de vaines personnes enfermées dans leurs peurs irrationnelles. 
   La révolution n'aura donc pas lieu, nous en avons aujourd'hui la preuve, les moutons sont retournés dans leurs enclos et les transforment en forteresse à l'instar des seigneurs du moyen-âge, oubliant que cet enfermement nuit d'abord à leurs propres vies. Les déchets et la pollution ont encore de bonnes raisons de se répandre toujours plus, les animaux sauvages sont remplacés par les animaux de compagnie de tous ces hypocrites hypocondriaques, pour qui c'est au tour de la nature sauvage de retourner dans son confinement.
   Nous avons la mémoire courte, quand il nous reste de la mémoire, nous avons plusieurs fois appris que la nature est vengeresse même si elle prend son temps, elle saura nous faire payer notre arrogance et cela risque de devenir de plus en plus violent, c'est le prix à payer pour notre irrespect de nous même.
   Les masques tombent mais ce n'est que pour mieux dévoiler notre vilénie, notre laideur humaine, masquées derrière leurs apparences de perfection qui n'est, finalement que de la perversité.  
   Nous sommes au stade d'espérer la disparition de l'humanité, juste pour que la nature retrouve "figure humaine" !!!

jeudi 21 mai 2020

Miroir, ô mon miroir.

   La technologie est de plus en plus présente dans nos vies, quand bien même l'on voudrait s'y refuser, elle s'impose naturellement au fil du temps nous éloignant toujours plus des réalités. Il suffit d'un seul exemple, le téléphone portable, mais mérite-t-il encore cette dénomination? Il a commencé par s'imposer comme nécessité absolue, il fallait non seulement en posséder un mais, en plus, répondre au moindre appel toutes affaires cessantes, peu importe le répondeur intégré la question est toujours la même, pourquoi n'as-tu pas répondu à mon appel? Comme si la possession d'un tel appareil nous en rendait l'esclave.
   Puis les réseaux sociaux y ont été intégrés, permettant à tout un chacun d'y étaler sa vie qui, même misérable, en devenait incontournable pour ces amis qui n'en sont pas toujours, comment a-t-on pu laisser ainsi galvauder un terme qui exprime un lien aussi fort que la fraternité. Ensuite sont apparues des applications dont certaines devinrent très vite essentielles, voire vitales, transformant notre modeste téléphone en console de jeux, journaux en temps réel et centre de stockage pour nos mémoires défaillantes qui le deviennent de plus en plus puisque nous ne les faisons plus travailler, rendant l'outil absolument indispensable.
   L'apparition de l'appareil photo nous éloignait plus encore du téléphone, le mode autoportrait, ou selfie pour les anglophiles, permettant de s'immortaliser devant n'importe quel lieu, les visages déformés masquant le plus beau des lieux photographiés, mais c'est la preuve nécessaire pour que l'on prouve "qu'on y a été" !!!
   Durant toute ces évolutions notre téléphone, puisque c'est bien de lui qu'il s'agit, sert de moins en moins à se parler, les coups de fil deviennent de plus en plus rares, pourquoi s'appeler puisque tout est déjà dit sur les réseaux sociaux. La communication se fait par images, agrémentées de commentaires pétris de fautes d'orthographe, alors même qu'il y a un correcteur intégré.
   L'objet prend tout à coup une importance vitale, porte monnaie, carte bancaire, clef de contact, reléguant la téléphonie au second plan, il devient un membre supplémentaire du corps humain et il vaut mieux perdre une main que son téléphone, il nous en restera une pour le tenir. Il devient difficile d'avoir une conversation soutenue puisque le moindre bip peut, à tout moment, interrompre un échange.
   Il est cependant une utilité que les constructeurs de cette diabolique machine n'ont pas créée, à laquelle ils n'ont pas même songé, il est devenu un bouclier contre le monde extérieur, ce qui est un paradoxe pour un objet de communication. Là, sans sexisme aucun, ce sont surtout les femmes qui se servent de cette parade, il suffit d'observer leurs comportements dans la rue, dès qu'elles voient qu'elles vont devoir croiser un homme, hop l'objet, qui ne quitte plus leur main, devient un miroir où le regard est concentré afin de ne pas avoir à croiser le regard des autres. Il y en a même qui font semblant de recevoir un appel, cela s'entend bien avec un peu d'attention, tout ça pour se donner le sentiment d'être protégées par cet instrument de non communication.
   Dans cette période d'isolement contraint, où tout devait changer dès le jour d'après, il devient un masque aussi vain que son utilité réelle puisque, rappelons le  une dernière fois, ce n'est qu'un téléphone qui ne sert plus à téléphoner !!!

vendredi 8 mai 2020

Allez comprendre.

   Une vision de la solitude est un bon exercice en ces temps difficiles, il en est beaucoup pour qui ce confinement correspond à isolement, bien que l'on  puisse adorer la foule, on peut aussi aimer ces moments de répit qu'accorde la solitude, allez comprendre. Ainsi, être seul  avec soi-même se posant des questions existentielles, face à la mer qui de pleine va devenir basse, allez comprendre. Face surtout au soleil décroissant qui éclaire la ville de Saint-Malo sous un nouveau jour, les lumières du couchant transformant cette ville maudite en lieu de magie, allez comprendre.
   Nous y voilà, prendre un grand plaisir à être seul quand on aime pas la solitude, allez comprendre, puis, l'heure avançant, le soleil vient s'éteindre sur la ligne d'horizon en s'y fondant, allez comprendre. Alors apparaît un très jeune couple, à cet âge de l'adolescence où l'on n'ose pas encore se toucher, mourant pourtant d'envie de s'étreindre, allez comprendre, tandis que le grand disque jaune n'en finit plus de rougir les flots, les faisant briller de mille feux, ils n'en voient que les reflets dans les yeux de l'être aimé, allez comprendre.
   Puis le soleil disparaît, éteint par la ligne d'horizon mais ses lumières éclairent encore ces écrits, allez comprendre. Je quitte ma niche solitaire rêvant d'avenirs radieux bien que plus proche de mon coucher de soleil, allez comprendre. Les dernières lumières irradiant encore de mes yeux, je rencontre la vie sous la forme d'un jeune père, tenant sa fille de huit mois harnachée de vêtements chauds, dont seul le visage était visible orné en son milieu par deux billes rondes encore brillantes des lumières solaires, le coucher de soleil servant à l'éveil de ses sens, allez comprendre.
   Puis je reprenais le chemin de ma cellule, je ne puis l'appeler autrement, avec ses barreaux qui, pour virtuels qu'ils soient, n'en laissent pas moins de traces dans les esprits mais aussi sur les corps, allez comprendre. Cheminant sur les trottoirs à ce moment où la terre rend les premières chaleurs cumulées dans la journée, rendant l'air agréable, je rencontrais des personnes engoncées dans des vêtements hermétiquement fermés, dûment gantées et masquées, allez comprendre. Ce ne sont que les "vrais" confinés, ceux qui ne sortaient qu'en cas d'absolue nécessité, ils ont le regard inquiet dès qu'il perçoivent une forme en mouvement et approchant d'eux, là, au lieu de sympathie pour une rencontre humaine, ils changent de trottoirs en fixant comme de dangereux pestiférés les personnes croisées, allez comprendre. Ils ne répondent même plus à l'aimable salut de la personne qui s'écarte la première, plus de bonjour plus de merci, juste un regard effrayé, allez comprendre. Le déconfinement pourrait bien ressembler à une déconfiture à ce rythme là !!!
   Heureusement la lune apparut éclairant les rues du reflets du soleil, mais rendant tous ces visages émaciés encore plus pâles que lumineux, allez comprendre. Alors je concentrais mes regards sur cette planète qui toujours nous regarde en face, quelle que soit sa place, allez comprendre. Sa face, bien ronde pour l'heure, ressemblait au visage de la petite fille croisée tout à l'heure mais, en lieu et place de des deux billes rondes admirant le monde, je ne vis que deux fentes, comme si la lune avait mal aux yeux en regardant sa maman la terre, semblant déplorer cette vile façon que nous avons de l'embellir, allez comprendre.
   Voilà, les barreaux viennent de se refermer autour de moi, portant je ne me suis jamais senti aussi libre, allez comprendre.

jeudi 30 avril 2020

Chronique du racisme ordinaire.

   Une conversation avec un homme aux origines visiblement indiennes, fils d'une maman noire de surcroît, m'a éclairé sur ce sujet si délicat du racisme. Il en a souffert tant il a subi de remarques déplacées et de noms d'oiseaux associés, surtout lorsqu'il s'est engagé dans l'armée, ce fut alors continuel m'a-t-il dit. Il me semble difficile de juger ce sentiment puisque je n'ai jamais eu à subir cette vilenie, même lors de mon séjour au Sénégal où je ne me suis jamais fait traité de sale blanc, au contraire, j'étais surnommé l'Africain.
   Une fois n'est pas coutume, je me suis tu, écoutant les doléances de cet homme contre ce qu'il est convenu d'appeler le racisme ordinaire, tant les protagonistes ne semblent pas se rendre compte du mal qu'ils font subir. C'est à la fin de sa virulente diatribe que la conversation a quelque peu achoppé, nous avons parlé de l'Afrique, ce magnifique continent où je prétends aller finir mes jours.
   Ce charmant monsieur a entamé une très violente diatribe contre le peuple africain, sans me laisser développer mes arguments contre ce jugement péremptoire qu'il portait, contre cette vision étriquée et convenue des personnes qui ne jugent que sur les critères occidentaux. Ce discours m'était d'autant plus inadmissible qu'il me donnait là une vision très claire de ce qu'il avait dénoncé au début de notre échange, je me permettais alors de lui en faire la remarque. Ce fut l'ancien militaire qui me répondit, m'expliquant que ces sauvages n'avaient aucune notion de ce qu'est la vie en communauté, prétendant qu'ils passent leur temps à s'entre massacrer sans raisons autres que leur sauvagerie. J'avais l'impression de parler avec un sudiste de l'Amérique des années soixante, lorsque Martin Luther King tentait d'obtenir le simple droit de vivre pour la communauté noire, le racisme dans ce qu'il a de pire.
   Ne pouvant accepter un tel discours sans réagir, je l'accusais de racisme en lui disant que c'était encore plus inadmissible de la part de quelqu'un qui en a souffert. Sa réponse fut très basique, "ma mère est noire, je ne peux pas être raciste", je lui répondais que l'un de mes frères est homosexuel ce qui n'empêchait pas mon autre frère d'être homophobe. Le racisme n'a rien à voir avec l'homophobie me soutint alors mon interloquant interlocuteur, je compris alors que cet homme ne comprenait rien préférant couper court à ce dialogue de sourds.
   L'histoire ne s'arrête pourtant pas là, ce triste personnage étant mon colocataire de la semaine, il alla se plaindre auprès de notre hébergeur en lui demandant de le loger dans une chambre où il ne risquerait plus de me rencontrer. Son argument principal étant...que j'étais un raciste, voilà, je me pensais très tolérant et n'être pas de ceux qui jugent les gens sur leur couleur, ni même sur leur aspect et je me découvre raciste. Je me rassure en me convaincant que je ne suis qu'un raciste envers les cons obtus, mais je dois avouer que cela me fait quelque peu douter de mes certitudes, il va me falloir devenir un anti-raciste pour m'en dédouaner...au risque de devenir raciste !!!